Chapitre 1-1

1491 Worte
CHAPITRE 1 — ASIA, refais ces calculs et envoie-les sur ma tablette, demanda distraitement Cosmos en tendant la main vers sa tasse de café, posée sur le classeur. Il but une grande gorgée avant de grimacer. En plus d’être froid, il était dégueulasse. Il devait avoir oublié d’en refaire couler la veille… ou était-ce ce matin ? Il jeta un coup d’œil vitreux à sa montre avant de se contenter de prononcer la commande pour avoir l’heure. Ses yeux étaient si fatigués qu’ils étaient incapables de lire quoi que ce soit. — ASIA, finalement, dis-moi juste ce que ça dit, lança Cosmos au système informatique que Tilly Bell, la mère de sa meilleure amie Clochette, et lui avaient conçu. Enfin, c’était lui qui avait conçu le super ordinateur, mais Tilly l’avait piraté au cours d’un week-end, pendant qu’elle rendait visite à sa fille cadette, Jasmine « Clochette » Bell. Tilly avait téléchargé dans son système informatique NOVAD un programme d’intelligence artificielle expérimental qu’elle avait conçu. Le programme, appelé ASIA, avait rapidement pris le contrôle de tout son système, apprenant et se développant à un rythme exponentiel, à tel point qu’il ne la voyait plus que comme une véritable plaie lorsqu’elle n’en faisait qu’à sa tête. ASIA signifiait Assistante Super Intelligente Artificielle, mais Cosmos lui avait attribué deux ou trois autres petits noms. Après un mois passé à prendre des douches froides au cœur de l’hiver du Maine, il avait appris à garder ses pensées moins sympathiques pour lui. Tilly et Angus Bell, les parents de Clochette, l’avaient pratiquement adopté quand leur fille et lui s’étaient rencontrés un peu plus de quatre ans auparavant tandis qu’ils campaient non loin de Calais, dans le Maine. Clochette et lui avaient tout de suite accroché, leur esprit et leur personnalité formant un équilibre parfait entre acceptation et respect. Bien qu’il ait, à un moment, espéré que ça puisse déboucher sur quelque chose d’autre, il s’était rendu compte qu’il verrait toujours la jeune femme comme la petite sœur qu’il n’avait jamais eue. En plus de devenir une sœur, elle était aussi devenue sa meilleure amie. Il avait découvert qu’il pouvait lui parler de tout. Ses connaissances et son ingéniosité en ce qui concernait les moteurs et les générateurs le stupéfiaient, et elle adorait écouter ses nouvelles idées folles. Lorsque Tilly et Angus avaient décidé de partir alors que Clochette avait dix-huit ans, elle avait choisi de rester. Elle avait emménagé au deuxième étage de l’entrepôt et une camaraderie confortable s’était développée. Tout avait changé quelques mois plus tôt quand il avait eu besoin d’aide pour son projet en cours : un portail. À l’origine, son portail devait permettre de passer d’un endroit à l’autre sur Terre, et non pas entre deux systèmes stellaires ! Il avait demandé à Clochette de travailler sur les générateurs, car il avait besoin de plus de puissance. Il prévoyait d’être présent, mais il avait été appelé à Chicago pour voir ses parents. Un frisson le parcourut au souvenir de ce matin-là, lorsqu’il était rentré à l’improviste. Heureusement pour Clochette et lui, ses parents avaient annulé son voyage à la dernière minute. Il ne voulait même pas penser à ce qui se serait passé s’ils ne l’avaient pas fait. De qui je me moque ? pensa-t-il. Regarde ce qui s’est quand même passé ! Le portail avait été un énorme succès, du moins, d’un point de vue scientifique. D’un point de vue personnel, c’était un désastre ! Sa maison, autrefois paisible, grouillait maintenant d’extraterrestres. Rectification : de guerriers primes de Baade, se reprit-il. À présent, l’un d’entre eux avait disparu, deux autres se baladaient dans la nature à la recherche de leurs « compagnes », et une autre n’était pas loin de le rendre fou. Le disparu et les deux autres en liberté, il pouvait gérer. Pour ce qui était de la femme qui dormait actuellement dans l’ancienne chambre de Clochette, c’était une tout autre histoire. Il ferma brièvement les yeux et inspira profondément, tentant de chasser l’image de la belle extraterrestre de son esprit. Aucune des techniques qu’il utilisait pour rester concentré ne fonctionnait… du moins, pas avec elle. Grommelant dans sa barbe, Cosmos se dirigea vers le petit coin kitchenette qu’il avait aménagé dans son labo et vida ce qu’il restait de café dans l’évier. Quoi qu’on en dise, c’était dégueulasse, le café « à la cowboy ». Il s’empressa de remettre la cafetière en marche, inspirant l’arôme parfumé des grains moulus de kopi luwak commandés spécialement. Il se foutait bien de connaître l’origine de ces grains, c’était de l’énergie qu’ils lui procuraient qu’il avait besoin pour rester alerte. Il faut absolument que je sois alerte, d’autant plus maintenant que mon dernier projet est un succès, songea-t-il avec lassitude. — Cosmos, mon chéri, chantonna ASIA d’une voix qui répliquait exactement les tons rauques de Tilly Bell. Ton invitée est réveillée. Cosmos ravala un juron et baissa les yeux sur sa paume gauche, dont le centre était orné d’une série de cercles complexes. Ces fichus trucs pulsaient de vie. Son corps y réagit, lui arrachant un gémissement douloureux étouffé. Une vague de chaleur l’inonda et roula sur sa chair hypersensible, jusqu’à ce qu’un film de sueur recouvre son corps tandis qu’il s’efforçait de maîtriser sa réaction. C’était presque comme si elle effleurait sa peau de ses longs doigts délicats. Dans quoi je me suis fourré, bon sang ? marmonna Cosmos en la sentant caresser la marque encore et encore. Sa tête tomba en avant et il tenta de prendre de profondes inspirations apaisantes dans l’espoir de se contrôler, mais sa maudite verge était bien trop occupée à palpiter pour l’écouter. Avec un grand juron, il s’éloigna du plan de travail et se hâta vers les portes de son labo. Il lança une brève commande à ASIA pour les ouvrir, contournant le clavier. Jamais il n’aurait réussi à appuyer sur les fichus boutons avec ses mains tremblantes. Qui peut bien avoir besoin d’appuyer sur les boutons quand il y a une femme extraterrestre qui sait déjà exactement où appuyer ? pensa-t-il sauvagement. Cette femelle exaspérante a assez appuyé là où il faut pour toute une vie. À présent, c’était tout son corps qui tremblait d’une faim réprimée, et toute trace de fatigue s’envola alors que le besoin pressant de la revendiquer le submergeait. Cosmos franchit à grands pas les lourdes portes métalliques qui s’ouvrirent, et s’élança dans l’escalier qui menait au premier étage du vieil entrepôt reconverti près de la rivière. Il l’avait acheté à l’âge de dix-huit ans et avait dépensé des millions pour l’améliorer et le sécuriser. Les lieux étaient devenus sa demeure et son centre de recherche. À presque vingt-sept ans, il était multimillionnaire. Ses systèmes de défense et de sécurité représentaient près de cinquante pour cent de ses inventions, et le reste touchait aux domaines de la médecine, de l’environnement et de la recherche spatiale. Ses parents étaient tous deux des scientifiques de renommée internationale, mais il les voyait rarement. Ils travaillaient actuellement sur différents projets en Asie. — ASIA, où est-elle ? demanda Cosmos, les dents serrées, alors qu’il arrivait en haut de l’escalier menant à son espace de vie. Son attention se porta sur les marches menant à l’étage supérieur, qui appartenait autrefois à Clochette. — Cosmos, dit une douce voix surprise. Est-ce que quelque chose ne va pas ? Cosmos se délecta de la silhouette élancée de la femme qui hésitait sur la dernière marche. Elle caressait distraitement sa paume gauche et chaque délicate caresse intensifiait le brasier infernal qui le consumait. Pareil à un papillon de nuit attiré par une lumière, il s’élança vers la beauté aux cheveux noirs qui le regardait avec une innocente confusion. — Oui, bon sang ! Il y a quelque chose qui ne va pas, déclara-t-il d’une voix rocailleuse en enveloppant ses petites mains dans les siennes pour tenter de mettre un terme à la t*****e qu’elle lui infligeait. — Qu’est-ce que… ? Cosmos ne laissa pas à la magnifique femme aux yeux argent le temps de prononcer un mot de plus. Il écrasa sa bouche sur la sienne en un b****r sauvage et brûlant. Il la lâcha pour poser ses mains sur sa taille fine et la plaquer contre son érection. — Terra, grogna-t-il doucement. Tu me tues avec tes caresses. J’ai promis à ton frère que je donnerai ma vie pour te protéger, mais je te jure que si tu n’arrêtes pas, je vais te prendre sur-le-champ. Le petit hoquet de Terra ‘Tag Krell Manok mourut sur ses lèvres lorsque Cosmos les posséda de nouveau. Son corps fondit contre le sien tandis que les doigts de Cosmos s’enfonçaient doucement dans ses hanches. Elle fit lentement remonter ses mains jusqu’à pouvoir les enfouir dans les mèches de cheveux brunes soyeuses qui touchaient son col, l’attirant encore plus contre elle. Comment ai-je pu trouver les mâles humains faibles ? se demanda-t-elle vaguement, dans l’étreinte de ses bras puissants.
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