Chapitre 2-1

1909 Worte
CHAPITRE 2 Tandis qu’il entrait dans sa chambre, Cosmos passa son t-shirt noir par-dessus sa tête, le roula en boule et le lança vers le panier à linge dans le coin. Ses muscles ondulèrent lorsqu’il fit rouler ses épaules, la longue cicatrice qui lui barrait le dos s’étirant. Celle qui ornait son flanc se tendit pour révéler une longue ligne blanche au moment où il se débarrassa de ses chaussures d’un coup de pied. Il se pencha en avant et retira ses chaussettes avant d’ouvrir son pantalon cargo noir, qu’il baissa en même temps que son boxer. Après avoir dégagé une jambe, il sortit l’autre, et les jeta d’un coup de pied dans le panier, où ils rejoignirent son t-shirt. Son corps était fourbu après l’effort de la veille et le manque de sommeil. Leur mission avait été un succès, mais ils avaient eu des pertes et chacune lui pesait personnellement. Les hommes qui se faisaient blesser ou tuer étaient de sa responsabilité ; peu importait qu’ils se soient portés volontaires, il se sentait tout de même responsable. Cosmos lança la commande pour allumer la douche à la température préprogrammée qu’il aimait. Il passa une main sur sa mâchoire recouverte d’une barbe de trois jours ; il ne prendrait pas la peine de se raser, il était bien trop épuisé pour s’en inquiéter. S’avançant sous le jet chaud, il étira ses bras au-dessus de sa tête, les posa sur le carrelage et laissa l’eau couler sur son corps las. Son esprit se repassa chaque mouvement des équipes la veille. Il avait coordonné une mission afin de couvrir Tansy Bell, la deuxième fille de Tilly et Angus Bell, qui était un agent du gouvernement. Cette mission, qui leur avait fait parcourir la moitié du globe, de la Russie aux États-Unis, s’était terminée tard la veille chez l’ambassadeur du Canada. Tansy et ses homologues russes étaient censées cibler Craig Knapp, le directeur principal du Partenariat collaboratif contre le Terrorisme, ou PCCT. C’était le groupe auquel Tansy appartenait avant de découvrir qu’ils l’avaient piégée pour la tuer. Comme si cela ne suffisait pas, elle était également pourchassée par un milliardaire russe du nom de Boris Avilov. Il s’était avéré que Craig Knapp se remplissait les poches avec l’argent d’Avilov ; Tansy l’avait découvert presque trop tard. Sans l’aide d’un imposant guerrier prime du nom de Mak, elle aurait été morte. Cosmos avait demandé à ASIA de transférer les informations que Tansy avait volées à Avilov sur son ordinateur afin qu’il puisse les examiner. Elles contenaient notamment les détails de l’organisation de l’assassinat du président des États-Unis, Askew Thomas. Ce qui ne le surprenait pas, c’était que le vice-président y travaillait avec Avilov et d’autres, dont Knapp. Le vice-président avait son propre programme, et rester dans l’ombre politique de Thomas n’en faisait pas partie. Malheureusement, Tansy, avec son entêtement et son indépendance caractéristiques des femmes Bell, avait été découverte par l’un de ses anciens collègues, qui l’avait reconnue malgré son déguisement. Et maintenant, un guerrier prime avait disparu et deux autres cherchaient les sœurs russes, Natasha et Helene Baskov, qui avaient été kidnappées en même temps que Tansy. Les seuls points positifs qui découlaient de la nuit précédente étaient que Craig Knapp serait bientôt un homme mort et que Mak avait emmené Tansy dans son monde pour la soigner. Cosmos espérait seulement qu’il l’y garderait. Il avait demandé à ASIA de relever les plaques d’immatriculation de tous les véhicules qui étaient passés par les intersections près de l’habitation de l’ambassadeur canadien. Toutes les images des caméras de surveillance de la région avaient été téléchargées par ASIA, qui agrandissait les images et examinait chaque indice disponible pour aider à localiser les femmes et Merrick, l’imposant guerrier prime qui semblait s’être volatilisé avec elles. — Cosmos ? appela Tilly depuis sa chambre. Si tu ne te bouges pas un peu, j’envoie Terra pour t’aider à sortir de là ! Cosmos grogna avant d’ordonner rapidement à la douche de se couper. — J’arrive dans une minute ! — Mon Dieu, comment tu t’es fait cette cicatrice ? On dirait qu’elle est nouvelle, observa la mère de Clochette depuis le seuil de la porte de la salle de bain. — Bon sang, Tilly ! glapit-il sans se retourner. Avec un peu de chance, le verre était assez recouvert de buée pour qu’elle n’en voie pas trop. — Tu veux bien sortir ? s’étrangla-t-il, embarrassé. Le rire rauque de Tansy résonna dans la chambre spacieuse, mais il comprit qu’elle s’était tournée. — Ce n’est pas comme si je n’avais jamais vu d’hommes nus, gloussa-t-elle. Tu devrais voir Angus. Je te jure, cet homme peut… Par chance, sa voix faiblit à mesure qu’elle s’éloignait. Cosmos secoua la tête et la laissa retomber en avant. — Il n’y a que Tilly Bell pour me donner l’impression d’être redevenu un adolescent, marmonna-t-il avec un petit rire avant d’ajouter avec un frisson : Et la dernière chose dont j’ai besoin, c’est d’imaginer Angus Bell nu. Il ouvrit la porte vitrée et attrapa une serviette. — Oh ! hoqueta une voix surprise. Cosmos tourna vivement la tête. Il ferma les yeux en sentant sa verge réagir à la présence dans sa salle de bain. Cacher son érection serait impossible, il le savait, et ce malgré la serviette devant lui. Il rouvrit les yeux à contrecœur pour plonger dans ceux qui le dévisageaient avec un mélange de curiosité timide, d’émerveillement et de désir. Une petite partie de lui était agacée d’être le seul à se sentir légèrement gêné. — Laisse-moi deviner, dit-il sèchement. Tilly ? Terra opina du chef, croisant son regard avec réticence. — Tu es bâti de façon très semblable aux mâles primes. Elle suivit le mouvement d’une goutte d’eau qui dévalait son torse. — Tu es plus pâle et tu as plus de poils sur le torse, murmura-t-elle. Elle resta concentrée sur la goutte qui continuait sa course, toujours plus bas. Elle prit une vive inspiration et recula d’un pas à la vue d’une cicatrice au contour irrégulier sur sa hanche. — Qu’est-ce qui t’est arrivé ? voulut-elle savoir. Cosmos fit un bond en arrière lorsqu’elle s’approcha. Si sa maîtrise de lui ne tenait plus qu’à un fil tout à l’heure, elle s’était à présent évaporée. Du moins, jusqu’à ce que ses mots ne le frappent avec la force d’un trente-six tonnes. Il se renfrogna et serra le poing sur la serviette. — Comment ça, je suis « bâti de façon très semblable aux mâles primes » ? interrogea-t-il sombrement. Combien est-ce que tu en as connu, au juste ? La main de Terra qui se tendait vers la cicatrice irrégulière se figea. Elle le fixa, un sourcil arqué, dans une expression qui ressemblait tant à Tilly qu’il sentit le rouge lui monter aux joues. Mais qu’est-ce qui n’allait pas chez lui ? C’était pire que d’atteindre la puberté au milieu d’une conférence de physique avec groupe de vieux et rien d’autre qu’un exemplaire de Playboy pour ne pas perdre la tête. Terra recula et croisa les bras. — Je suis guérisseuse, déclara-t-elle d’un ton glacial. Ça faisait partie de ma formation d’observer les attributs physiques du corps masculin. Savoir combien j’en ai connu ne te regarde pas, à moins que tu sois prêt à répondre à la même question ! Combien de femelles est-ce que tu as connues, au juste ? Cosmos n’aurait pas pensé pouvoir rougir plus que ce n’était déjà le cas. — Je n’aurais pas dû dire ça. Il détourna les yeux avant de secouer la tête et de marmonner : — Ah, bon sang ! Un petit rire rauque lui échappa lorsqu’il prit conscience qu’il se tenait là, une serviette devant lui dans l’espoir de conserver un semblant de pudeur. Ce qu’il avait oublié, c’était que les murs de sa salle de bain étaient en grande majorité constitués de miroirs. Entre ceux derrière lui et ceux sur le côté, Terra voyait presque tout. Avec un haussement de ses larges épaules, il continua à essuyer son torse et ses cheveux avant de descendre. — Qu’est-ce que tu fais ? s’étrangla Terra en suivant la serviette du regard. Comment tu t’es fait toutes ces cicatrices ? Cosmos pinça les lèvres. Il n’avait pas besoin d’un miroir pour savoir ce qu’elle voyait. Sa peau bronzée était marquée de cicatrices laissées par des balles, des couteaux et plus d’une explosion. Il avait fini par s’y habituer. Il ne participait plus activement à autant de missions qu’avant ; il supervisait toujours seulement celles qui étaient personnelles, ou qui représentaient un risque énorme pour ses hommes. — Il faut que je m’habille ou Tilly va revenir, dit Cosmos en lançant la serviette sur le côté avant de dépasser Terra en la frôlant. Je ne veux surtout pas qu’elle se relance dans une description d’Angus à poil. Terra le suivit du regard. Il était époustouflant. Les muscles de ses épaules étaient bien cachés sous les vêtements qu’il portait. Son dos était zébré d’au moins cinq cicatrices distinctes dues à des blessures douloureuses et qui auraient pu être fatales. Au cours des derniers mois, elle avait appris beaucoup avec ASIA afin d’avoir une meilleure compréhension de l’anatomie humaine pour aider Jasmine « Clochette » Bell et sa sœur Hannah avec leurs grossesses. Une vague de chaleur l’envahit au moment où il se pencha en avant et remonta un boxer noir moulant sur ses fesses fermes. Elle sentit ses mamelons durcir de désir tandis qu’elle le regardait s’habiller. Tout en elle voulait se jeter sur lui et lui arracher ses vêtements, le pousser sur le lit et le posséder. Choquée par le besoin primitif, presque sauvage, qui la submergeait, elle ouvrit de grands yeux. Elle était déconcertée. Elle avait toujours eu l’impression que les femelles de son espèce ne cherchaient pas particulièrement un tel contact physique, et pourtant, elle brûlait d’un désir qui n’était pas loin de lui faire perdre tout contrôle. Elle se souvenait que sa mère avait récemment parlé de ses sentiments pour son père, mais elles n’avaient pas vraiment discuté de tout ça en détail. Bien qu’elle soit curieuse à propos du récent comportement de sa mère, l’idée de discuter des habitudes sexuelles de ses parents la rendait… mal à l’aise, sans qu’elle sache pourquoi. La curiosité avait été si forte qu’elle avait fini par craquer et poser des questions à Clochette et à Tilly. Elle avait même visionné le vidcom de Clochette qui avait été enregistré à bord du vaisseau de guerre de son frère J’kar et dans lequel on l’entendait donner des instructions sur quelque chose qui s’appelait le s**e « oral ». — Tu veux me faire du s**e oral ? demanda-t-elle à haute voix avant de se rendre compte de ce qu’elle disait. — Est-ce que je veux quoi… ?! s’étrangla Cosmos juste avant de tomber face contre terre avec un grand bruit sourd quand son pied se prit dans la jambe du pantalon qu’il enfilait. — Oh, Cosmos, est-ce que tu es blessé ? Terra s’élança vers l’homme, qui gisait au sol, le pantalon aux chevilles. Elle s’agenouilla et tenta de le retourner doucement afin de vérifier qu’il n’était pas blessé à la tête. — Cosmos ? — Oh mince ! s’exclama Tilly depuis la porte avant de s’élancer vers eux. Qu’est-ce qui s’est passé ? Est-ce qu’il va bien ? ANGUS ! On a besoin de toi, mon chéri ! Cosmos est tombé dans les pommes.
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