Chapitre 1

3107 Worte
Chapitre 1 — Hé, Clochette, tu étais super ce soir, cria l’un des mecs qui avaient tenté d’attirer l’attention de Jasmine « Clochette » Bell toute la soirée. La brasserie locale Purple Haze, où ils faisaient et vendaient toutes sortes de bières artisanales et de spécialités culinaires, avait fait salle comble ce soir-là. C’était un lieu couru des étudiants et l’endroit parfait pour se faire draguer si c’était ce que vous cherchiez. Les deux types qui s’en allaient n’avaient eu de cesse de réclamer l’attention de Clochette. Celle-ci s’était donné pour règle de ne jamais coucher avec quelqu’un du bar. Elle n’avait déjà pas beaucoup de chance avec les mecs sans avoir à ajouter d’autres boulets à ses choix. Clochette le remercia d’un signe de main désinvolte avant de se tourner dans la direction opposée. Son groupe et elle faisaient la fermeture de la brasserie ce soir-là. À deux heures du matin, les seules lumières encore allumées étaient les lampadaires et les occasionnels phares d’une voiture qui partait, mais elle n’était pas inquiète. La petite ville étudiante de Calais, dans le Maine, était l’une des plus sûres du pays. Même si cela n’avait pas été le cas, quiconque ayant entendu parler de Jasmine « Clochette » Bell savait qu’il ne fallait pas mettre en rogne la petite nana au sang chaud s’il ne voulait pas se prendre un coup de clé à molette sur la tête. Du haut de son mètre soixante-quatre et avec ses cinquante kilos de muscles fermes, Clochette était connue pour son sens de l’humour et sa personnalité sympathique. Mais quand on l’énervait, elle parvenait à battre à pleine couture le plus costaud des mécanos de la ville, grâce à la détermination de sa mère qui affirmait que toutes les filles devaient apprendre à se défendre, même si cela signifiait user de coups bas — chose que Clochette était connue pour faire de temps en temps. En outre, si elle n’en était pas capable, l’une de ses deux sœurs ou l’un de ses onze collègues mécanos en ville s’en occuperait, et les policiers n’auraient plus grand-chose à identifier. De l’avis de Clochette, la vie était belle et elle la croquait à pleines dents. Fredonnant doucement l’une des chansons qu’elle avait jouées, elle suspendit l’étui de la guitare à son épaule et resserra sa ceinture porte-outils autour de sa taille fine. Elle avait promis à Cosmos, son meilleur ami, qu’elle passerait au labo dans l’entrepôt où ils vivaient pour examiner un générateur pour lequel il avait besoin d’aide. Elle avait pris sa ceinture porte-outils au travail en partant, car elle avait besoin de certains outils spéciaux qu’elle avait fabriqués pour cela. Elle adorait bricoler certaines des créations de Cosmos presque autant qu’elle adorait ce grand dadais. Cosmos était peut-être né avec une cuillère en argent dans la bouche, mais cela ne se voyait pas. Les parents de Cosmos avaient fait fortune grâce aux différents brevets qu’ils avaient développés, et leur fils était exactement comme eux. Il avait obtenu son doctorat à l’âge de vingt-deux ans et avait acheté le vieil entrepôt près de la rivière pour en faire un labo et une maison. Bien que beaucoup le considèrent comme tel, Cosmos n’avait rien de l’intello classique. Il mesurait un mètre quatre-vingt-huit avec de larges épaules, de longs cheveux châtains et des yeux noisette. Le genre d’yeux dans lesquels une fille pouvait se noyer — enfin, n’importe quelle fille à l’exception de Clochette. Cosmos et elle avaient noué une amitié qui tenait plus du lien fraternel. Ainsi, quand la famille de Clochette était passée par Calais, elle avait décidé qu’il était temps de voler de ses propres ailes et s’était installée au dernier étage de l’entrepôt tandis que Cosmos occupait le rez-de-chaussée et le premier étage. La famille de Clochette était aussi unique que l’était celle de son ami, ce qui expliquait sans doute qu’ils avaient gravité l’un vers l’autre. Clochette avait grandi sur la route dans un camping-car de douze mètres. Ses parents, Angus et Tilly Bell, étaient les meilleurs parents du monde et ils avaient eu trois enfants, tous vivant, apprenant et grandissant dans une maison sur dix roues qui les avait conduits aux quatre coins du pays. Angus, le père de Clochette, était un auteur de science-fiction de renom. Il était l’un des rares auteurs à être non seulement très talentueux, mais aussi très prolifique et rentable. Ses seuls revenus leur auraient suffi pour vivre. Il déclarait souvent que ses idées venaient de sa famille et de toutes leurs aventures. Sa mère, une petite femme au sang chaud comme ses trois filles, était en roue libre… littéralement. Mécanicienne accomplie qui avait passé son enfance à travailler dans le garage de son grand-père dans une petite ville d’Oklahoma, elle adorait bricoler tous types de moteurs. Elle améliorait constamment le camping-car afin de le rendre plus puissant. Véritable geek, elle adorait également concevoir et mettre au point des logiciels que les sociétés d’ingénierie du monde entier utilisaient pour développer de l’énergie pour tous types de bâtiments. Ces compétences leur permettaient de vivre confortablement, et elle partageait ses merveilleuses connaissances avec ses filles. C’était super de voyager, mais lorsque la famille s’était arrêtée au camping local pour l’été, quand Clochette avait dix-huit ans, celle-ci savait qu’elle était prête à se sédentariser. Elle avait rencontré un groupe de garçons qui campaient non loin et avait eu un coup de cœur, totalement platonique, pour le réservé du groupe. Ce garçon maladroit s’appelait Cosmos, et ils étaient devenus les meilleurs amis du monde. Le jour où ses parents avaient décidé qu’il était temps de repartir à l’aventure, Clochette, elle, était restée. Ses parents avaient été tristes de voir leur cadette prendre cette décision, mais ils avaient fait preuve d’un soutien sans faille. Ainsi, les appels mensuels étaient devenus le lien entre Clochette et sa famille, qui avait tout le pays pour maison. La vie était belle à cette époque, et elle l’était toujours quatre ans plus tard. À vingt-deux ans, Clochette ne voyait pas comment la vie pourrait s’améliorer. Elle avait un super travail au garage du coin qui faisait du sur mesure, bricolait à temps partiel divers objets pour l’université, aidait Cosmos avec le matériel qu’il utilisait pour ses expériences, et jouait dans un petit groupe de musiciens deux fois par mois à la brasserie. Ouaip, la vie était super. Elle tourna à droite sur Main Street, se dirigea vers l’est sur deux pâtés de maisons, et la rivière fut visible. Encore le petit pont à traverser et je serai à la maison, pensa-t-elle avec un soupir satisfait. L’entrepôt était plongé dans la pénombre à l’exception de petites lumières au rez-de-chaussée et au deuxième étage qui se reflétaient sur l’eau noire. S’avançant sur le pont, Clochette s’arrêta afin d’écouter les doux sons de la rivière en dessous. Elle adorait les bruits et les odeurs de la ville. Poussant un soupir, elle se tourna et traversa le pont en réfléchissant au générateur que Cosmos voulait qu’elle examine. Même si la plupart du temps elle ignorait de quoi parlait son ami ou sur quoi il travaillait, elle connaissait néanmoins l’équipement, savait comment il fonctionnait, et adorait l’aider. Elle avait déjà une idée pour tirer plus d’ampères du générateur et voulait voir si cela marcherait. La raison pour laquelle Cosmos avait besoin de tant de puissance lui échappait. Elle était contente de ne pas avoir à payer la facture d’électricité mensuelle. Cosmos lui avait soutenu que sa consommation électrique était incluse dans son loyer mensuel, quand il la laissait le payer. Elle avait protesté, mais son ami avait déclaré que c’était trop pénible d’essayer de déterminer le peu qu’elle utilisait par rapport à tout ce que lui consommait. Ainsi, en échange de son aide avec l’équipement et du peu qu’elle parvenait parfois à lui payer, elle possédait un immense espace de vie à moindre coût. Montant les marches du perron faiblement éclairé, Clochette composa le code du système de verrouillage électronique sur la lourde porte métallique. Elle l’avait installé, car Cosmos ne cessait de perdre ses clés et de s’enfermer dehors. Le mécanisme de verrouillage émit un petit déclic et la serrure s’ouvrit sans un bruit. Clochette poussa la porte, la referma derrière elle et réactiva la serrure. Bien que Calais soit l’une des villes les plus sûres du pays, elle n’était pas stupide et ne prenait pas de risques inutiles. « Mieux vaut prévenir que guérir » était l’un des dictons préférés de ses parents. « Pense à toutes les possibilités avant de prendre une décision » en était un autre, mais Clochette ne le suivait pas toujours et cela lui attirait parfois des ennuis. Comme le rendez-vous qu’elle avait eu la semaine précédente avec le « professeur » du département d’ingénierie de l’université. Tout ce qu’il voulait était un coup rapide et une chance de voir ce que faisait Cosmos. Elle l’avait compris environ trente minutes après le début du rendez-vous grâce à son obstination à la faire sortir du restaurant et à ses mains baladeuses. Quarante-cinq minutes après le début du rendez-vous, Clochette soignait des ecchymoses aux jointures de sa main droite avec laquelle elle avait frappé ce c*****d quand il lui avait empoigné le c*l et avait refusé de comprendre le mot « non » pour la troisième fois. C’en était assez, elle n’aimait pas se faire peloter en public par un c*n prétentieux. Les lumières qui s’allumèrent automatiquement tandis qu’elle progressait dans le couloir menant au labo sortirent Clochette de ses souvenirs de ce rendez-vous désastreux. Posant sa main sur le lecteur d’empreinte, elle attendit que le scanner ait fini et que la porte extérieure du labo s’ouvre. S’avançant vers le deuxième scanner de sécurité, elle chanta le premier couplet de Twinkle, Twinkle, Little Star. Le programme de reconnaissance vocale la salua d’une douce voix rauque qui ressemblait beaucoup à celle de Tilly, la mère de Clochette. — Bienvenue, Clochette Bell. J’espère que tu as passé une bonne soirée. Cosmos voulait que je te transmette un message. Il a dû partir à Chicago pour voir ses parents et sera absent deux semaines. Il espère que cela ne pose aucun problème. Il a laissé sa carte de crédit au cas où tu aurais besoin d’acheter des pièces ou quoi que ce soit d’autre. Il est joignable au numéro suivant. Clochette soupira de nouveau. Ce grand dadais lui manquait lorsqu’il n’était pas là. Eh bien, tant pis. ASIA et elle seraient toutes seules pendant deux semaines. — Merci, ASIA. ASIA, le dernier logiciel de la mère de Clochette modifié par cette dernière était un acronyme pour Assistante Super Intelligente Artificielle. Clochette utilisait la voix de sa mère simplement parce que cela lui donnait l’impression d’être avec sa famille quand elle était chez elle. ASIA utilisait un programme d’intelligence artificielle que Tilly, sa mère, avait développé deux ans plus tôt afin d’aider pour un projet d’ingénierie pour le gouvernement. Clochette avait copié la programmation de base l’année précédente lors d’une visite et l’avait améliorée pendant son temps libre. ASIA était à présent un programme très avancé et sophistiqué qui apprenait et se développait chaque jour. Elle était devenue une mère de substitution pour Clochette, lui donnant souvent des conseils tels que « Tu penses vraiment que tu devrais sortir avec ce professeur ? » ou « Tu devrais vraiment mieux manger ». — Comment était ton concert ce soir, ma chérie ? demanda ASIA. Sa voix se fit entendre à travers le système audio installé dans tout l’entrepôt auquel le logiciel pouvait accéder à volonté. — C’était génial ! Oh, ASIA, j’aurais voulu que tu entendes ça. Doug a joué comme jamais à la batterie, et Mike était super au piano. Gloria n’est pas venue, alors aucun risque qu’elle soit énervée parce que je jouais de la basse ce soir. Clochette tournoya sur elle-même, ses baskets montantes aux couleurs de l’arc-en-ciel couinant sur le sol en béton ciré. Sa jupe midi bleu ciel tourbillonna autour d’elle, semblable aux tulipes dansantes d’un film, révélant ses longues jambes vêtues de Lycra bleu foncé qui lui arrivait aux mollets. Elle se mit à danser en chantant l’une des chansons pop sensuelles qui faisaient fureur, et sa blouse blanche glissa un peu plus bas sur son épaule. Elle fit glisser la sangle de l’étui de sa guitare de son épaule et tint l’instrument devant elle comme si elle dansait avec un homme, sa ceinture porte-outils émettant de petits cliquettements métalliques. Alors qu’elle dansait dans la pièce, ses doux cheveux bouclés courts couleur caramel rebondissaient au rythme de ses mouvements. Les cheveux et les yeux de Clochette n’étaient que deux des merveilleux traits qui lui donnaient souvent l’apparence d’une pixie ou d’une fée. Ses cheveux ondulés étaient légers et voluptueux, assortis à sa personnalité. Ils avaient la couleur des feuilles d’automne avec des reflets naturels dorés et ambrés. Ses yeux en amande semblaient être faits de chocolat noir fondu, si sombres que l’on avait l’impression de pouvoir se noyer dans leurs profondeurs. Sa silhouette montrait son amour de la danse et du dur labeur. Elle se mouvait avec une grâce naturelle héritée de sa mère, avec de longues jambes, une longue taille et de hauts seins fermes et plutôt généreux, qui paraissaient un peu trop gros pour sa silhouette menue. C’était un problème jusqu’à ce que Clochette apprenne à tirer parti de ses plus gros atouts. Encore une merveilleuse leçon de ses parents : « Si tu as des atouts, tires-en profit, puis casse la figure au problème. » Ouaip, ses parents étaient des personnes sages et merveilleuses. C’était exactement ce qu’elle avait fait quand M. le Professeur l’avait tripotée la dernière fois. Il avait compris trop tard ce qui lui arrivait, parce qu’il regardait ses seins au lieu de ses poings. — C’est merveilleux, ma chérie. Tu sais, je pourrais court-circuiter la voiture de Gloria la prochaine fois qu’elle l’emmènera au garage ou hacker son ordinateur et y mettre un joli petit virus, dit ASIA avec une pointe d’humour. — Merci, ASIA, mais je ne pense pas que ce soit nécessaire… du moins, pour le moment. Si elle continue de m’embêter, je te laisserai t’occuper d’elle, répondit Clochette avec un petit rire et un sourire diabolique avant de se diriger vers les marches menant à la partie inférieure du labo. Est-ce que tu as eu l’occasion d’exécuter la configuration que je t’ai envoyée ce matin sur les modifications que je voulais apporter au générateur pour en tirer plus d’ampères ? Le labo occupait l’essentiel du rez-de-chaussée de l’entrepôt et était divisé en deux étages : la partie supérieure était réservée aux ordinateurs et la partie inférieure aux générateurs et aux sources d’alimentation. Le haut était occupé par tout un tas d’équipement informatique et d’un genre de console qui contrôlait la dernière expérience de Cosmos. Plus intéressée par le niveau inférieur, Clochette ignora la console en passant devant. C’était là que se trouvaient le générateur et les tableaux électriques : ses bébés. Un étrange cadre métallique qui ressemblait presque à une immense porte s’y trouvait également. Des câbles provenant des panneaux électriques et du générateur étaient fixés à des armoires métalliques, qui contenaient les disjoncteurs nécessaires en cas de problème. — Bien sûr, ma chérie. J’ai envoyé quelques modifications supplémentaires que j’ai apportées à ton iPad. Tu devrais pouvoir le remonter. Les modifications que tu as apportées sont brillantes, et tu devrais pouvoir tirer 11,523 68 ampères supplémentaires du générateur. — Cool ! s’exclama Clochette en descendant les marches en métal en sautillant. Appuyant sa guitare et son sac à main géant contre la marche du bas, Clochette se passa une main dans les cheveux et ajusta sa ceinture porte-outils. Elle se dirigea vers le grand générateur situé sous la plateforme, sortit les outils dont elle aurait besoin pour ouvrir cet engin, et se mit au travail. Heureusement, c’était samedi soir ; peu importe que la nuit soit longue. Elle pourrait faire la grasse matinée et elle était en congé lundi pour le week-end férié. Fredonnant, elle se glissa lentement sous le générateur afin d’ouvrir le panneau auquel elle devait d’abord accéder. Elle passa les trois heures suivantes à travailler sur les différentes modifications qu’elle avait dessinées sur le schéma. Après avoir terminé les dernières, elle remit le panneau en place et le revissa. S’assurant qu’elle avait rangé tous ses outils dans sa ceinture, elle se leva avec raideur. — Pfiou, je crois que je me fais trop vieille pour ça ! marmonna Clochette entre ses dents tout en étirant lentement ses muscles fatigués. ASIA, tu peux lancer le nouveau programme de Cosmos et tester le générateur pour voir si c’est tout bon ? — Bien sûr, ma chérie. Tu as l’air fatiguée. Tu veux le faire plus tard ? commenta ASIA tout en lançant le programme qui allumerait la console. ASIA connaissait assez bien Clochette pour savoir qu’elle ne s’arrêterait pas avant d’avoir eu la confirmation que les changements qu’elle avait apportés fonctionnaient. Si elles ne faisaient pas le test tout de suite, elle monterait chez elle et se torturerait inlassablement les méninges. Riant, Clochette poussa un soupir las. — Tu sais bien que ça n’arrivera pas. Préviens-moi quand tu as une mesure de puissance. Clochette se dirigea lentement vers l’escalier en métal en effectuant de petits mouvements pour apaiser ses muscles douloureux après plus de trois heures à être restée assise, pliée en deux et en équilibre précaire. D’un coup d’œil à sa montre, elle s’aperçut qu’il était presque cinq heures trente du matin. Eh bien, pas de café pour moi ce matin si je veux dormir toute la journée, pensa-t-elle avec lassitude. Alors qu’elle passait devant l’un des panneaux sur le mur près de l’escalier, Clochette remarqua d’étranges cordons suspendus à côté. Elle s’approcha, en prit un et le fit tourner dans sa paume. Elle releva les yeux. Il y avait quatre cordons auxquels étaient accrochés de petits appareils cylindriques. Ils étaient absolument magnifiques ! Les cylindres étaient ornés de gravures assorties à celles que Cosmos avait faites sur le cadre métallique l’espèce de porte. Clochette devinait qu’il s’agissait de genres d’appareils électroniques. Elle mit le cordon dans la poche de sa jupe. Elle voulait l’examiner de plus près quand elle serait moins fatiguée. Elle aurait tout le temps de le remettre à sa place avant le retour de Cosmos. Se penchant en avant, elle prit sa guitare et son gros sac à main. Elle mit son sac en bandoulière sur une épaule et glissa la sangle de l’étui de sa guitare sur l’autre épaule puis s’apprêta à monter l’escalier menant à l’étage supérieur et à son lit tant attendu.
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