— Appelez votre patron. Expliquez-lui que je n’ai rien dit. Je ne dirai rien. C’est promis ! Je ne veux pas mourir. Pas comme ça ! Non ! Il se glisse deux doigts dans la gorge, hoquette. Il se recroqueville sur le plancher. Le chauffeur bouge son rétroviseur. Il aperçoit le haut de la tête dégarnie ; la peau du crâne rougit sous l’effort. Sur sa planche de bord, des haut-parleurs crachotent des bruits indistincts, puis un râle accompagné d’un jet visqueux. Un nouveau spasme, et encore un autre. Des éclaboussures jaunâtres maculent la banquette en cuir. Un choc lourd, puis plus rien. Il tend l’oreille, augmente le son. Il perçoit un souffle, répétitif. Inspiration, expiration, inspiration, expiration... La cadence ralentit. Il baisse encore le rétroviseur. Le crâne a disparu. Pinelli doit

