Retour en ArtenseAdèle conduisait bien et vite, une des premières femmes de son âge à avoir son permis. On était en 1923 et en paix depuis quatre ans et demi. La voiture aux essieux brillants, à la laque étincelante traversa le plateau de Vassivière, entre deux forêts de sapins, soulevant un nuage sur la route sablonneuse. Dans le ciel quelques cumulus formaient une cheminée géante. Matthieu ressentait une certaine ivresse. Partout des coquelicots dans les prés qui n’avaient pas encore été fauchés. Et une brise très douce. Il tint à faire un détour pour faire un salut à la Vierge noire de Vassivière. En montant, il ressentait en lui l’odeur de son enfance, se rappelait le pèlerinage de tout un pays vers ce sanctuaire. Ce n’était pas seulement les odeurs qu’il retrouvait, c’était un parfu

