10 – Soixante tonnes sous la colline Jules se rasa avant de faire sa toilette. Après avoir versé un demi-broc d’eau froide dans sa bassine, il s’empara du gros savon de Marseille qu’il détestait, car il avait pour habitude de lui glisser dans les doigts. Comme un automate, il se déshabilla et se lava en oubliant un moment la terrible explosion. Pan, pan, pan ! Trois coups brefs et une voix énervée, derrière la porte : – Deffert, magne-toi le cul ! Rassemblement au réfectoire immédiatement ! C’est urgent, c’est pas pour dans une heure ! Les pas s’éloignèrent et s’arrêtèrent à une autre porte où la voix hurla le même ordre. Cinq minutes plus tard, infirmiers, brancardiers et ambulanciers étaient regroupés dans le réfectoire. Au fond de la pièce, le colonel, perché sur une estrade de for

