LXXIX LES LOUVESDepuis vingt-quatre heures, l’inquiétude de Bertha avait été extrême. Ce n’était point sur Courtin seul que les révélations de Joseph Picaut avaient fait planer les soupçons. Les soupçons s’étaient étendus jusqu’à Michel lui-même. Les souvenirs de la soirée qui avait précédé le jour du combat du Chêne, cette apparition d’un homme à la croisée de la chambre de Mary, n’étaient jamais complètement sortis de sa pensée, que de temps en temps ils traversaient comme un trait de flamme en laissant derrière eux un sillon de douleur, que l’attitude passive prise vis-à-vis d’elle par Michel pendant sa convalescence parvenait difficilement à calmer. Mais lorsqu’elle apprit que Courtin, qu’elle ne pouvait supposer avoir agi sans ordre, avait fait partir le bâtiment ; lorsque surtout,


