Le Duc n’apprit l’évènement, que le vendredi, 13 juin, à son réveil. Il avait eu la fièvre, la veille et toute la nuit, par frissons ; et en lisant ce beau récit, dont les journaux étaient pleins, il lui prit une pâmoison, qui le fit tomber sur son oreiller. La journée entière se passa, en suspens et en inquiétude. Quoiqu’il y eût déjà grand soupçon d’un anthrax, par la douleur violente qu’il sentait au cou, et l’inflammation qui y paraissait, les médecins, ce premier jour-là, ne parlèrent que d’un simple clou. Mais la nuit se trouva fort mauvaise, et il fallut bien, dès le lendemain, déclarer le péril où se trouvait Charles d’Este. Il fut pansé. Incontinent après, l’anthrax parut et l’on fit à la pauvre Altesse, une première incision. Lui-même, il se sentait si mal, et la tête si embarra


