Chapitre 2

2113 Mots
Teddy, mon ours en peluche, me regardait fixement, enfin il semblait me regarder car ses pupilles n’étaient plus. L’agrippant fermement entre mes bras, je lui soufflais des mots rassurant à l’oreille tandis que je reformais son petit ruban autour du cou. Regardant avec tristesse sa patte droite qui avait maintenant une odeur de brûlée. « Je suis désolé, Ted… » Mon murmure était à peine inaudible, n’arrivant pas à me confronter à ma réalité, je venais de cracher du feu et de brûler ce qui m’était le plus cher. Mon ours en peluche. Mes vêtements frottèrent ma petite tête brune, glissant quelques ’mèches sur ma joue qui se collèrent dû à mes larmes. Je ne pouvais pas me le pardonner, et si j’avais blessé ma nounou ? Teddy n’était pas humain, je pourrais très bien lui fabriquer un nouveau bras mais un fae ne pourrait pas récupérer son bras. J’étais un monstre, un monstre dangereux. « Ky ! » Cria une autre petite voix en entrant dans ma chambre. « Tu es là ? » Je reconnus ma sœur, chantonnant, fière qui s’aventurer dans ma chambre. Elle me cherchait sûrement pour aller à l’entraînement. Je ne souhaitais pas y aller, je venais de blesser mon ours. Mais elle ne lâcha pas l’affaire quand j’entendis ma malle à jouet être ouvert, frappant le mur avec violence. Puis un long silence se fit sentir, frissonnant violemment je compris que la seule cachette après la malle était la penderie où je me trouvais. Celle-ci s’ouvrit brusquement, dévoilant ma copie conforme qui me souriait avec bonheur, fière de me trouver. « Mr Traill nous attend, change toi… bah pourquoi tu pleures Ky ? » « J’ai cramé Ted », fit ma petite voix en montrant mon ours en peluche. « Et alors ? tu ne l’as pas fait entièrement, faut le refaire en mieux ! » Elle commença à prendre son souffle, je compris rapidement qu’elle allait finir mon travail, lâchant un petit cri, je mis ma main devant sa bouche tandis qu’elle expira des flammes rouge sang, me faisant gémir de douleur… Sursautant en me levant, je passais ma main dans mon visage, soufflant fortement avant de me laisser retomber sur mon oreiller. Levant ma main gauche, je regardais la cicatrice qui s’y trouvait. Ce souvenir était douloureux, mais j’avais protégé mon ours en peluche de ma sœur. C’était énorme pour moi. Fermant mon poing avant de le relâcher. C’était ma deuxième nuit depuis ma fugue, les souvenirs de ma vie me hante pour ma première nuit sous un toit. Tournant mon regard sur la petite pièce, de mon lit je pouvais voir ma petite kitchenette. La fixant me rappelle que je devais me préparer à manger pour commencer ma première journée de boulot. Me relevant d’un coup, je partis me préparer, en moins de quinze minutes, j’étais prête, avalant un café pour descendre. J’avais un peu d’avance la nuit commençait à ce lever, habiller de ma petite salopette, je déboulais dans ma pièce de travail. Mais je n’y étais pas seul, deux hommes me fixaient froidement, leur regard semblait m’étudier de haute en bas avant de se baisser vers un autre homme dos à moi. Je reconnus Eric à sa stature courbé et ses cheveux poivre et sel. Celui-ci se retourna en fronçant les sourcils. « Tu commences à 9 heure, pas plus pas moins ! » Sa voix gronda, me faisant sursauter. « Je pensais aider à ranger le désordre qu’il y a pu avoir… » Ma voix était plutôt faible et je baissais la tête, essayant d’échapper à mon problème. Je venais de faire une boulette, une très grosse. Les deux hommes semblaient sur la défensive, réajustant leur tenue de motard, me laissant entendre le cuir mais aussi, très bas, un grondement sombre et profond. « Retourne dans l’appartement, je viendrais te parler ensuite ! » Sa voix n’attendait aucune réponse, ne perdant pas de temps, je m’inclinais légèrement avant de filer dans les escaliers. « Je suis désolé, nouvelle employé », murmura la voix de mon patron. Même légère, je pouvais entendre sans aucun souci, me faisant frissonner. J’avais peur, si je ne travaillais pas je ne pourrais pas trouver de moyen de vivre. Et l’appartement et l’emploi était une occasion en or que je ne pouvais pas me permettre de perdre. Regardant l’horloge chez moi, je fus surprise d’y voir à peine 8h00, l’hiver faisant que le soleil se lever tard, j’étais que légèrement en avance. C’était la première fois que je me faisais taper sur les doigts parce que j’étais un peu en avance, n’était-ce pas un bon point ? On toqua légèrement contre la porte sur laquelle j’étais adossée, n’étant toujours pas remise de la soufflante, je n’avais pas osé bouger. Me retournant, j’attrapais la poignée pour laisser entrer mon patron. Celui-ci se dirigea aisément jusqu’au centre de mon nouveau logement. « Tu ne dois jamais venir en bas quand ce n’est pas ton horaire, tu ne te rends pas compte du danger, jeune fille ! » Sa voix semblait douce pourtant je sentais sur chaque centimètre de ma peau la puissance de ces mots, comme électrifié, je ne bougeais plus. Hochant simplement la tête pour valider ces dires. Il toucha mon épaule, essayant surement de me ramener sur terre, relevant la tête, son doux sourire m’accueillit. « J’ai fermé, laisse-moi te présenter mes pièces de choix ! » « Je vous suis ! » J’étais assez contente qu’il trouve un moyen d’amorcé la situation autrement, soulageant mes inquiétudes en le suivant une fois de plus dans le magasin. Cette fois-ci aucun client ne s’y trouvait, mais aussi le panneau fermé était placé pour éviter le moindre souci. Il s’avança dans le dédale d’objet pour s’arrêter devant une bague, celle-ci était serti d’un éclat rouge sang, ne semblant pas être une pierre précieuse. Je pouvais le définir d’un coup d’œil. Une relique de nos dragons d’après mon professeur, les dragons pouvaient deviner si une pierre était précieuse ou non d’un regard. Celle-ci ne l’était absolument pas. « C’est un éclat de verre appartenant à une vitre qui fut importante à son propriétaire. Il a été poli pour passer dans une bague de fiançailles, avant que l’homme qui la travailler demande sa femme en mariage… » Il semblait comme perdu dans un passé lointain en sortant de son écrin la bague pour me la tendre. La prenant entre mes doigts, je compris que cet objet était sentimental, mais pour les yeux d’un client lambda, elle ressemblait à une bague de pacotille. « Mais sa propriétaire n’a jamais pu la voir dans ce sens, une personne puissante a tué son petit ami, et nous avons récupérer cet objet après que celle-ci nous l’a donné. » « Pourquoi n’a-t-elle pas voulu du souvenir de son petit ami ? » Questionnais-je surprise du choix de la jeune femme. « Son deuil a été d’échapper à la réalité, car elle l’a rejoint peu après… » « Elle s’est suicidée ? » « Absolument pas, elle s’est vengée, en vain. » Mon regard surprit ne le dérangea pas, il se retourna pour m’emmener plus loin, je déposais la bague pour filer plus loin, nous arrêtant maintenant face à une figurine de loup puissant et majestueux. « C’est le seul extrait de cette pièce, elle est unique, il n’y en a pas d’eux. Elle provient de l’Alpha de la meute proche d’ici. Fais attention dans les bois, il y a beaucoup de loup… » L’avertissement aurait pu sembler normale pour une humaine. Mais pour moi, je voyais cette immense stature de loup garou, tenant dans deux mains, une majestueuse fourrure noire et des yeux d’un sublime vermeilles semblaient me regarder continuellement. Cette fois-ci, je pus désigner aisément que cet objet était couteux. Le rubis dans les yeux avait été placé pour intensifier le regard. C’était fascinant. « Le Quartz fraise donne ce regard au loup si impressionnant », détailla Eric. Appréciant la moulure du loup, il semblait avoir des reflets d’un orangé posé dessus, comme de la magie, pourtant aux premières lueurs du jours, tout semblait juste sombre, atténuant l’effet. « La beauté de ce loup ne se révèle qu’au éclat de la lune, l’artiste a réalisé d’autre petite merveille dont une qui, je pense, va énormément te plaire. » Je le regardais avec questionnement, reposant une nouvelle fois l’objet pour qu’il m’indique où était l’autre objet. Il m’accompagna vers un endroit inattendu. « La réserve ? » Questionnais-je surprise. « Il n’est pas à vendre, il attend son vrai propriétaire qui l’a déposé ici. » « On vous dépose beaucoup d’objet en confiage », rigolais-je avec amusement. Eric haussa les épaules sans me répondre. J’essayais de ne pas en être touché alors qu’il ouvrit la porte de stockage, allant vers le fond où une grande étagère en verre y était placé. Mon regard se pencha pour récupérer en avance ce qu’était la statue. Et je fus choquée. Les dorures semblaient taillées dans de l’or, pour autant, les ailes étaient d’une telle finesse qu’elle semblait transparentes, mêlant un arc-en-ciel de couleur. Chaque écaille dorée semblait avoir ce reflet impressionnant. J’avais envie de passer mes doigts sur chacune d’elle. « Regarde ce regard doré, si vif et d’une clarté sans nom… Il a utilisé du Zircon doré, lui donnant cette pureté douce qui allège la puissance du dragon immense et puissant. » Il était vrai que la combinaison était étrange, le dragon était doré de la pointe de ailes jusqu’à ces yeux, me rappelant étrangement le mien. J’avais cette impression de me voir dans un reflet, mais ce n’était pas moi, c’était une imitation plus impressionnante, tellement étrange. « A qui appartient-il ? » Demandais-je avec grande curiosité. « Au même propriétaire de l’œuf de dragon. » « Il aime beaucoup les dragons ce client… » Je ne fis pas d’autres commentaires, mais j’étais encore plus intrigué par ce client. Qui était-il pour s’intéresser autant au dragon ? Était-il un chasseur ? Mon professeur m’en avait énormément parler de ces humains assassins qui nous exterminaient sans scrupule. J’allais devoir faire attention, j’espérais ne jamais le croiser. « Oh ! Il est déjà cette heure, vite, Kaily, va ouvrir, ta première journée commence ! » « Entendu, patron. » Je pris alors mon plus beau sourire pour ouvrir la boutique. Pendant la première heure, Eric fut avec moi pour que je commence la lecture du livre que j’avais déjà bien entamé la vieille, mais c’étaient des références de livre étrange, à des poupées en passant par des avions accrochés au plafond. Dans cette boutique d’antiquité, il n’y avait que peu de passage, je passais mon temps à parcourir les étagères à la recherche du moindre grain de poussière. Les antiquités n’étaient clairement pas ce qui emmenaient du monde. Me reposant sur ma chaise, fixant l’heure, il était enfin dix-sept heures, j’allais enfin me préparer à la fin de ma journée. Ce n’était pas le métier le plus passionnant, et quand j’observais l’extérieur, les personnes semblaient fuir ce petit endroit. Comme s’il était repoussant ou qu’on les empêchait de venir. Etrange. La petite sonnette me redressa avec mon sourire commercial, heureuse d’un nouveau client. Enfin ! Mais mon regard fut happé par les prunelles sombre de mon patron. Habillé légèrement d’un pull feutré laine d’un joli bleu marine qui souligné sa chemise blanche en dessous dont un petit nœud papillon bordeaux lui donnait un style très agréable. J’osais le dire, c’était un bel homme. Son sourire me gratifia de ma constatation, me demandant encore une fois s’il entendait mes pensées. Fronçant mes sourcils je me relevais pour aller à son encontre. « Vous avez pu vous reposez ? » Questionnais-je. « Ce fut une longue nuit très gratifiante ! » Il souligna ses mots d’un sourire Colgate, serrant tendrement ma main tandis que je l’accompagnais à son comptoir, il observa la pièce d’un regard satisfait. Pourtant j’étais déçue de moi, aucun client n’avait acheté. Le chiffre d’affaires ne semblait pas l’intéressé non plus. « Va profiter de ta soirée, rentre seulement avant vingt heures. » Je le regardais avec surprise, il me restait encore une heure. Et je ne voulais clairement pas sortir, je devais encore lire le livre et prendre mes marques ici. « J’irais demain soir, ma première journée fut fatigante », mentis-je en hochant négativement la tête. « Merci à vous, je vais rester jusqu’à la fin de mon horaire. » Ce fut une fin de soirée bien étrange, accompagné de mon patron tout aussi particulier que je terminais ma journée avec en tête que le lendemain allait être ma première sortie dans cette ville inconnue.
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