XXVIII C’est par une belle nuit de mai qu’il mourut, quand tout commençait à revivre ; il s’éteignit en dormant, sans agonie. Lorsque je reçus la sinistre nouvelle, je gardais le lit depuis huit jours ; je fis un effort pour me lever, je voulais le revoir avant qu’on ne l’ensevelît et poser mes lèvres sur son front glacé ; je fus prise d’un accès de toux si déchirant et si long que je m’évanouis ; il fallut me recoucher et pleurer loin de lui. J’envoyai Marguerite et mon fils à son enterrement, et pour la première fois je me décidai à faire comprendre à mon enfant ce que c’était que la mort. Il m’écouta, attentif et recueilli, puis il me dit d’une voix grave. – Mon père nous a quittés, Albert vient de partir et toi tu veux aussi me laisser, car je vois bien que tu es malade et pâle com
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