XLV

168 Mots
XLV – Ma mère ! fit Arthur, – lequel avait encore la mémoire toute pleine des chefs-d’œuvre qu’il avait lus, – je vous en prie, respectez cette jeune fille. Elle m’aime, je l’aime. Jamais ! oh ! non, jamais créature céleste !… je le jure, elle sera ma femme ! Ceci, convenons-en, était mal trouvé, la comtesse ne comptant que sur le mariage de son fils pour relever les affaires de la famille. Elle ne réfléchit donc pas que ce qu’elle entendait était aussi ridicule qu’ingénu, et qu’il y aurait véritablement mauvaise grâce à elle de prendre trop au sérieux un si bel accès d’enthousiasme. Et de même, elle ne réfléchit pas non plus qu’elle n’aurait guère aimé jadis qu’on la gênât dans ses amourettes. Elle ne vit que trois choses dans cette galante équipée : la première, que son fils avait seize ans ; la seconde qu’il parlait mariage d’une façon vraiment saugrenue, puisqu’il n’aspirait à rien moins qu’à épouser une paysanne ; la troisième que Flore était belle. Et, en vertu de cette haine si légitime que toute femme « sur le retour » porte instinctivement à toute fille jeune et jolie elle agit avec cruauté.
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