Chapter 136

1198 Mots

CHAPITRE CXXIV L’aiguille Le lendemain matin, la mer encore inapaisée roulait d’énormes lames, lentes et lourdes qui, poursuivant le filage gargouillant du Péquod, le poussaient comme les mains grandes ouvertes d’un géant. La forte brise ne désarçonnait pas et transformait l’air et le ciel en voiles immensément gonflées, le monde entier bondissait devant le vent. Voilé dans la pleine lumière matinale, le soleil invisible révélait sa présence par sa seule intensité diffuse d’où rayonnaient les faisceaux de ses épées. Tout était couronné d’un faste babylonien. La mer était un creuset d’or fondu qui débordait, bouillonnant de lumière et de chaleur. Achab se tenait à l’écart, longuement enfermé dans un silence enchanté ; chaque fois que le navire enfonçait son beaupré dans les profondeurs, i

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