XMaintenant, les orangers commençaient de fleurir. Dans l’air tiède, autour du bastidou, ils répandaient leur arome enivrant venu des plantations voisines. Mais près de la maison du Sarrasin, surtout, le parfum capiteux saturait l’atmosphère. Il pénétrait dans les pièces ensoleillées, et les tentures, les meubles en semblaient imprégnés. Tugdual, pour la première fois de sa vie, le respirait avec une sorte d’ivresse. Le soir, il restait longtemps à sa fenêtre pour se griser de la fraîcheur embaumée qui passait dans les nuits claires, silencieuses. Et il pensait à Dionysia, à son amour douloureux et magnifique, à la longue suite des jours où il resterait seul, jusqu’à la mort. Un après-midi, en revenant de Vallauris, il monta à la maison du Sarrasin et pénétra dans le jardin par l’entrée


