Notre « chef à tous », car c’est ainsi que nous la désignions familièrement, la commissaire Évelyne Lemétéyer se montrait de plus en plus insupportable. Ce qui n’améliorait guère l’atmosphère au sein du commissariat. Invariablement d’humeur exécrable, depuis le départ brutal de sa jeune compagne brésilienne, avec laquelle elle était arrivée à Morlaix trois ans auparavant, en provenance de la Guyane française, elle semblait mal accepter sa solitude et son abandon, cherchait à quitter Morlaix et sollicitait une nouvelle affectation Outre-mer. À La Réunion, Saint-Pierre-et-Miquelon ou encore Mayotte où le maintien de l’ordre devenait de plus en plus problématique. Le plus loin possible, le plus vite possible, sans doute pour oublier et faire oublier ses désillusions. Elle voulait fuir et chan


