Le campement s’est agrandi, on entend de plus en plus de bruits, de cris, lorsqu’on sort prendre l’air. Je me suis habitué au vide, au précipice, peut-être en suis-je même arrivé à maîtriser mes crises de vertige, mais il est à présent interdit de s’approcher de la balustrade de bois de sapin grossièrement équarri, de crainte d’être repérés par la population amassée là-dessous. On parle de deux mille personnes, installées dans de grands abris bâchés. Encore ont-ils de la chance de ne pas avoir de pluie, ni de boue donc, ce qui n’est pas sans risque au demeurant, et le capitaine n’arrête pas de répéter à qui veut l’entendre que l’absence d’incendie à ce jour est un véritable miracle, avec toute cette populace, il a employé le terme avec une moue dégoûtée, oui, cette populace qui fourmille e


