Chapitre I .3

1801 Mots
- C'est incroyable ! - Tu vois maman ? - Mais les gens se ressemblent. - Je n'en disconviens pas mais cette ressemblance n'est pas normale. - Yelen, ne te fais pas du mal pour de l'illusion, tu sais que les morts ne reviennent pas ! - Je n'ai pas vu son corps. - Qu'est-ce que tu veux dire ? - Je n'ai pas vu son corps maman, j'ai vu le corps de mon fils mais pas celui de ma fille. - Arrête, tu ne doutes pas de sa mort tout de même ? - Si, j'en doute, j'en doute terriblement depuis que j'ai vu cette petite fille. Et puis je n'ai aucune preuve de la mort de ma fille. Je l'avais eu dans mes bras et elle était pleine de vie, je ne comprends pas comment elle a pu mourir juste quelques minutes après. Et pourquoi n'ai-je pas pu la voir ? Pourquoi on ne m'a pas laissé la voir sans vie ? Je ne comprends rien maman, il y'a certainement quelque chose derrière tout ceci. - Elle est morte, arrête de t'entêter ! Tu ne peux pas remettre tout en cause juste parce que tu as vu une petite fille qui te ressemble ? Les gens se ressemblent et pas qu'un peu ma fille ! On peut se ressembler sans liens sans aucunes histoires derrière. - Tu ne comprends pas maman, en la voyant, j'ai senti des choses que je ne peux pas expliquer, que je ne connais pas. - Je ne sais plus quoi dire, je te conseille juste de te reposer. La mère de Yelen ne sachant plus quoi faire et quoi dire, la fixa une bonne minute avant de se retirer dans ses appartements. Elle se coucha sans parvenir à fermer les yeux car elle revoyait toutes les souffrances de sa fille et elle culpabilisait de ne pas avoir été présente pour elle en ces moments, elle se sentait coupable de n'avoir pu rien faire pour sa fille alors que celle-ci passait par des moments difficiles. Yelen avait toujours été là pour elle, elle lui avait été d'un grand soutien quand elle était au fond du gaufre. Pendant qu'elle vivait son divorce et pendant son second mariage qui a soudainement fini par la mort de son époux, Yelen a toujours épaulé sa mère car c'était une petite fille qui avait une sagesse incroyable à son âge. Cette histoire d'enfants de Yelen reste un mystère pour sa mère. Elle a été surprise d'apprendre que sa fille était enceinte en pleine année universitaire et surtout pendant sa dernière année, aussi sérieuse qu'est elle. Mais cela dit, elle ne pouvait ni la juger ni la plaindre car cela devait être dans son destin et parce qu'elle ne connaissait pas les circonstances de cette grossesse. Et que pouvait-elle dire ou faire ? On ne peut effacer les actes déjà commis. L'histoire n'avait non plus pas fait écho car jusqu'à présent le père de Yelen et le reste de sa famille paternelle ne sont au courant de rien, seules sa mère et sa sœur Moussou étaient au courant avec la tante qu'elle s'était fait à Dakar et qui l'épaulait durant sa grossesse et bien-sûr l'auteur de la grossesse avec sa mère et on ne sait qui d'autres de sa famille. La tête sur le rebord du canapé, Yelen revoyait tous les actes autour de son accouchement, ça avait été un cauchemar.. - Allons à l'hôpital maman ! - Non, elle va accoucher ici, Astou est sage-femme, elle sait quoi faire. - Il n'y a pas tout ce qu'il faut ici maman et Yelen souffre beaucoup trop. - Alexandre, va faire un tour. Je t'appellerais quand elle aura fini d'accoucher. Je ne veux pas de toi dans les parages. Pendant qu'ils menaient cette discussion à son chevet, la jeune dame souffrait le martyr et pensait mourir avant d'avoir pu donner naissance à ses enfants. Elle criait de toutes ses forces et sa tante Astou l'aidait à accoucher de son fils qui malheureusement était mort-né, Astou déposa ce dernier à côté et encourageait Yelen à doubler d'efforts pour le deuxième bébé qui finit par naître au milieu d'une grande douleur car la jeune fille était tétanisée par le corps sans vie de son fils. Ses pleurs et ses cris se mélangeaient à celle de sa fille qui venait de faire ses premiers pas dans ce monde. Astou donna la petite à sa mère qui en voyant la vie dans cet être sorti d'elle reçut un vent frais de soulagement. Elle se disait qu'elle au moins était en vie et qu'elle devait se réjouir de cela. Yelen souriait à peine à sa fille quand elle senti son corps s'affaiblir, elle perdait du sang et elle ne tarda pas à perdre connaissance. Après plus de vingt-quatre heures dans un lit d'hôpital complètement inconsciente, Yelen reprit connaissance sans personne à son chevet. Les médecins ont appelé en vain sa tante Astou qui l'avait déposé à l'hôpital, cette dernière est finalement venue la chercher le lendemain car disait avoir été trop occupée pour venir la récupérer. Une fois rentrée dans la maison, Yelen n'apperçut nulle part son bébé et encore moins d'affaires de bébé dans les parages. - Où se trouve ma fille ma tante ? - Entre et installe-toi d'abord. - Elle est chez Alexandre et sa mère c'est ça ? - Non, assieds-toi. - Alors elle est où ? - Juste quelques minutes après que tu aies perdu connaissance, la petite aussi a subitement commencé à suffoquer. On vous a pris toutes les deux pour vous emmener à l'hôpital mais elle perdit vie avant qu'on y arrive. Elle perdit vie avant qu'on y arrive. Elle perdit vie avant qu'on y arrive. Elle perdit vie avant qu'on y arrive. Elle perdit vie avant qu'on y arrive. Elle perdit vie avant qu'on y arrive. Elle perdit vie avant qu'on y arrive. Cette phrase avait eu raison de Yelen, elle se jeta à terre, en pleurant et en criant. C'était donc ainsi qu'aboutissait sa grossesse, qu'elle s'était forcée de garder malgré toute la peine qu'elle avait subi depuis sa conception jusqu'à son accouchement. Elle n'était pas consentante quand Alex a dépassé les bords, il l'avait drogué ce jour pour avoir ce qu'il voulait sans qu'elle ait la force de se défendre. Elle lui faisait confiance et il l'a trahi de la plus vile des manières. Il a a***é d'elle et ça s'est terminé en grossesse. Une fois qu'elle a su qu'elle était enceinte après les méfaits de l'homme en qui elle avait confiance, elle l'avait appelé pour le lui faire savoir, ce dernier pour ne pas arranger les choses lui conseilla d'avorter. - T'avoir rencontré et t'avoir fait confiance ont été les plus grandes erreurs de ma vie. Sache que je ne vais pas avorter, si tu n'as pas honte de tes actes pour me dire d'en commettre un plus ignoble sache que je ne suis pas répugnante comme toi. - Attends Yelen, tu ne peux pas garder cette grossesse tout de même. - Je vais la garder et ne pense pas que c'est pour toi. D'ailleurs je ne veux plus jamais avoir à faire avec toi. J'espère que Dieu te le paiera. Elle perdit tout contact avec lui jusqu'au jour où il est venu chez-elle avec sa mère. Cette dernière voulait aussi convaincre pour ne pas dire voulait forcer Yelen à avorter. Heureusement qu'à ce stade de la grossesse cela ne pouvait pas se faire et que la jeune femme était catégorique. Alexandre et sa mère ont donc échoué leurs tentatives, Yelen avait changé de résidence et finit par cohabiter avec une dame du nom de Astou, elle fut une véritable tante pour elle, le secours dont elle avait besoin. À un mois de l'accouchement, Alexandre avait retrouvé Yelen et s'était excusé de tout, il voulait qu'elle lui donne une seconde chance, elle refusa mais lui pardonna tout de même ses actes. La mère d'Alexandre avait alors tout fait pour que la jeune femme passe ces derniers jours de grossesse avec elle, Yelen n'avait pas voulu mais cette bonne dame arriva à ses fins en convainquant Astou pour s'installer avec elles. Pendant que Astou sortait, Yelen en voyait de toutes les couleurs avec cette dame qui n'avait pas honte, elle se permettait de l'insulter et même de la gifler quand bon lui semble, c'était un monstre avec elle alors qu'elle savait pertinemment que c'était son fils le coupable de tout ceci. La pauvre Yelen avait vécu le calvaire durant ces mois pour finir par agoniser loin des soins durant son accouchement qui a été tragique par la mort de ses deux enfants. Quand elle se reprit après avoir su le décès de sa fille, elle courut de la maison en direction de chez Alexandre. Elle y arriva près d'une heure plus tard, toute essoufflée. Elle tapa à la porte comme une folle jusqu'à ce qu'on lui ouvre. Elle y entra en furie et trouva cette méchante femme dans son salon. - JE VEUX VOIR MA FILLE MEURTRIÈRE ! - Qui a permis à cette folle d'entrer chez-moi ? Faites-la sortir. - TU AS TUÉ MES ENFANTS ! C'est de ta faute ! Maintenant elle est où ma fille ? - Je n'ai tué personne sale petite fille, tes enfants sont morts c'est tout ! Ça aurait été plus facile si tu m'avais écoutée. - Tu n'as pas honte, tu confirmes avoir voulu leurs morts. Dieu te le revaudra. Et il est où ton lâche de fils ! Alexandre, si tu m'entends sache que Dieu te punira aussi, il vous le revaudra tous les deux. - Sors de chez-moi maintenant, tu n'as rien à dire. Il est arrivé ce qui doit arriver, tes deux enfants sont morts et enterrés, tu devrais être contente, la vie t'épargne une épine des pieds, finis tes études et concentre-toi sur ta carrière. Ton erreur a été corrigée, que veux-tu de plus ? Vas-y, sors de chez-moi. Elle remit à la porte Yelen qui était sans voix face aux mots de cette femme, elle ne compatissait aucunement à sa souffrance et ne faisait même pas semblant. Après des heures à déambuler dans les rues, Yelen arriva sans force chez-elle. Elle ne revenait pas que son autre enfant aussi soit mort, elle ne l'avait pas vue, elle voulait la voir, voir son corps et même si c'était sans vie, elle voulut une preuve de sa mort pour être convaincue. Elle appela en vain Alexandre pour en savoir plus. Quelques jours plus tard, sa tante lui a fait comprendre qu'Alexandre n'était plus dans le pays, que sa mère l'avait envoyé au loin le lendemain même de l'accouchement. Revoyant ce cauchemar, Yelen se leva du canapé, essuya ses larmes et prit ses clés de voiture. _____________
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