12 REDU, le 14 juin 2000Une douce odeur d’herbe coupée envahit ses narines. C’était son parfum préféré, la fragrance de son enfance. Pourquoi personne n’avait encore jamais osé vendre un parfum « herbe fraîchement coupée » ? Son père venait de tondre la petite pelouse entourant la terrasse dallée. La propriété, elle, s’étendait beaucoup plus loin, jusqu’au chêne centenaire sous lequel, enfant, elle avait l’habitude de venir lire ou rêvasser. Pour l’atteindre, il fallait traverser le vaste verger, en veillant à ne pas écraser les prunes, reines-claudes et autres mirabelles, puis, séparée du verger par une petite haie d’aubépines, une petite prairie sauvage où les pissenlits en fleur se mariaient aux jonquilles et à la bruyère. Marylou se souvenait des bouquets jaunes qu’elle confectionnait


