II Quinze jours avaient passé. Nelly se rétablissait. Elle n’avait pas eu la fièvre chaude, mais elle avait été très malade. Elle s’était levée à la fin d’avril, par un jour clair et lumineux. C’était la Semaine Sainte. Pauvre créature ! Je ne puis poursuivre mon récit dans l’ordre. Il s’est écoulé beaucoup de temps jusqu’à cette minute où je note tout ce passé, mais aujourd’hui encore, c’est avec une tristesse poignante que je pense à son petit visage maigre et pâle, aux regards prolongés et insistants de ses yeux noirs, lorsque nous restions en tête-à-tête et qu’elle me regardait de son lit, longuement, comme pour m’inviter à deviner ce qu’elle avait dans l’esprit ; mais, voyant que je ne devinais pas et que je restais dans la même incertitude, elle souriait doucement, comme pour elle-


