Marie du pont Je tirais la dernière bouffée de ma cigarette avec délectation. La pénombre de l'habitacle s'illumina une ou deux seconde. Je soufflais un nuage bleuâtre par la fenêtre ouverte. D'une chiquenaude, j'envoyais le mégot au beau milieu d'une flaque d'eau. Du coin de l'œil, je consultai la montre du tableau de bord qui m'indiqua 0 heure 26. Le thermomètre marquait encore 22°. De la vitre ouverte, me parvenaient les odeurs de cette nuit estivale: l'herbe tiède, la chlorophylle, la senteur des sous-bois, l'humus. Je baissai le pare-soleil et me regardai dans le miroir de courtoisie. J'ajustai mes longues mèches brunes, vérifiai mon léger maquillage, le généreux décolleté de mon tee-shirt blanc. M'estimant prête,je remontai la vitre de la portière et me décidai à


