Pdv Fadel
Je me mirai une dernière fois, fier de mon reflet dans le miroir. Je pris mes clés et quittai ma chambre. Je trouvai mes parents en train de dîner dans le salon.
Moi : Maman, je sors avec Karim. Je vais rentrer un peu tard.
Maman : Fadel, tu es sorti hier soir et ce soir encore, tu es dehors. Do tog wétali sa yaye (tu ne vas pas rester pour me tenir compagnie).
Moi : Maman, demain promis, je ne sortirais pas.
Maman : Yow ak Karim, lo lène di lidjeunti, ba ngey guène(qu'est-ce que Karim et toi, vous trafiquez en douce pour que tu sortes) deux soirs de suite ?
Moi : Rien de spécial. Dokhou diam rek la (on sort juste pour prendre l'air). Khana khamo sa dom (tu ne me connais pas) ?
Maman, en souriant : Si. Je te connais bien.
Moi : Donc ne t'inquiètes pas. Papa, j'y vais.
Papa : Ok. Bonne soirée.
Moi : Merci. À demain.
Je quittais la salle à manger pour me rendre vers le garage. Parfois pour se moquer de moi, Karim m'appelle "thiatou yayeum" (le petit dernier de sa maman), je n'aime pas trop qu'il m'appelle comme ça. Mais il faut être honnête de dire que je suis trop fusionnel et surprotégé par elle. J'étais son benjamin et son seul fils. Nous étions que deux enfants dans la famille Sène : ma sœur Nora qui avait 29 ans et moi, le petit dernier. Karim était considéré comme le troisième et l'aîné de la famille. Il était venu vivre avec nous à l'âge de 15 ans, parce qu'il commençait à être un peu turbulent. Au moins à la maison, il était un peu mieux géré par ma mère et Nora et moi, nous étions trop calmes pour qu'il puisse faire de nous ses acolytes de bêtises. Ce qui était tout le contraire chez ses parents Karim était le deuxième parmi ses 5 frères et sœurs et il avait largement de complices pour couvrir ses bêtises. Venir vivre à la maison l'avait beaucoup aidé à se reconcentrer sur ses études et je le redisais encore c'était le meilleur dans son domaine. Papa m'avait dit que quand Mr Diop, l'actuel directeur financier prendra sa retraite cette année, c'est lui qu'il allait sûrement nommer à sa place, pas parce que c'était son neveu, mais parce qu'il avait toute la carrure pour un tel poste. La seule chose qui me gênait chez lui, c'était son grand amour de la fête et des bêtises avec les filles dans sa vie privée. Je pensais qu'il allait changer, il y a 4 ans . Mais je vois qu'il est toujours aussi "bêtisard" et Fadily est celle qui souffre le plus de la situation. Tiens, en parlant de Fadily, je vais sûrement aller la chercher la semaine prochaine pour profiter d'une sortie à deux.
Je passai à l'immeuble de Karim pour le chercher, puis on rejoignit les autres garçons pour dîner de nouveau ensemble, cette fois ils étaient venus avec leurs copines. Après le dîner, Karim appela Fabi pour la situer. Les filles et elle, étaient en train de se préparer. On pouvait donc rester un peu au restaurant et discutant tout en profitant de nos boissons, le temps qu'elle nous fasse signe qu'elles étaient prêtes . Elles nous firent signe 40mn plus tard. Non. Mais elles faisaient quoi pour que ça dure aussi longtemps? Bref, on se rendit donc à la boîte de nuit. Quand les filles arrivèrent, Khadija était encore plus magnifique, confirmant le petit truc que je lui avais trouvée hier. On se salua et Karim les présentèrent les copines des trois autres et on entra dans la boîte de nuit . Karim avait pu nous avoir une place dans le carré VIP et on s'y était tous installés en se serrant un peu. J'avais pu me trouver une place à côté de la ravissante Khadija qui semblait très timide. Rocky et Fabi s'étaient vite mises dans le bain, profitant de l'ambiance et des boissons gratuites, mais elle restait silencieuse, observant un peu tout le monde.
Moi, au bout d'un moment, voyant qu'elle ne rejoignait pas les autres sur la piste : Tu ne vas pas t'amuser ?
Khadija : Pardon ?
Moi : Tu ne vas pas rejoindre tes amies sur la piste?
Khadija : Non. Pour le moment, j'ai juste envie de profiter de ma boisson.
Moi : Tu m'as l'air timide, toi.
Khadija : Oui. Un peu avec les inconnus.
Moi : Un peu comme tout le monde.
Khadija : Non. Tout le monde n'est pas comme ça. Rocky et Fabi sont plutôt à l'aise avec les inconnus.
Moi : Ok. Moi, je suis un peu comme ça aussi. Mais je fais semblant d'être super bien à l'aise.
Khadija : Ok.
Elle reprit un peu de sa boisson.
Moi, pour ne surtout pas lâcher la discussion : Sinon, ça fait longtemps que tu es amie avec Fabi ?
Khadija : Ça va bientôt faire deux ans que je la connais. C'est la coloc' de Rocky. Moi, je suis plus sa petite sœur que son amie. En fait, c'est Rocky, son amie. Moi, je suis la cousine de Rocky.
Ok. J'ai de nouvelles informations.
Moi : Ok. Moi, ça fait plus de 10 ans que je la connais. Karim et elle sont d'anciens camarades de classe.
Khadija : Ok.
Elle reprit à siroter. J'aurais voulu lui poser plus de questions, mais cette musique à fond n'était vraiment idéale pour une vraie discussion et j'avais l'impression qu'elle se repliait sur elle. Elle avait répondu à mes questions poliment sans plus. ♂️ Je me repositionnai sur le canapé et me tus. J'étais aussi un peu timide, alors je ne voulais rien faire de plus qui pourrait l'importuner.
**************
Le lendemain
On avait quitté la boîte de nuit vers 3 heures du matin et aujourd'hui, j'avais profité de mon dimanche pour me reposer et récupérer de ma courte journée. Vers 15 h, alors que je m'apprêtais à refaire la sieste, Karim m'appela.
Moi : Allô.
Karim : Allô, Grand. Bien reposé ?
Moi : Oui. Mais je vais quand même me refaire une sieste pour être sûr de recharger toutes mes batteries.
Karim : Ok. Sinon je t'appelais pour savoir si ça a matché avec Khadija, la soirée t'a permis de marquer tes pions ?
Moi : Karim, c'est juste la deuxième fois qu'on se voyait, j'ai un peu discuté avec elle, mais sans plus.
Karim : Non. Mais attends, tu n'en as pas profité pour prendre au moins son numéro ?
Moi : Je ne voulais pas l'importuner. Ça se voyait qu'elle avait envie de rester dans sa bulle.
Karim : Fadel Sène nga dé, kène doula guis di (tu oublies que tu es Fadel Sène, personne ne peut te voir et) préférer rester dans sa bulle.
Je souris à cette phrase.
Moi : Écoutes, cette fille est timide. Je ne vais pas agir avec elle à ta manière. Je vais y molo molo.
Karim : Mo, yow...
Moi : Karim, je sais me débrouiller seul. Toi, contentes-toi d'organiser une autre rencontre de groupe pour que je puisse la revoir. Le reste est de mon ressort.
Karim : Ok. Mais ne t'arrêtes pas sur sa soi-disant timidité. Il faut casser le mur pour aller puiser dans le coffre-fort du château.
Moi : Karim. Je raccroche, parce que tu es un peu fatiguant.
Il rit aussi.
Moi, me rappelant que je devais le prévenir : Attends, avant de raccrocher. Le week-end prochain, j'ai l'intention d'aller chercher Fadily pour qu'elle passe du temps avec nous.
Karim : Ok. Tu as prévenu sa grand-mère ?
Moi : Non. Je n'ai pas encore prévenu sa grand-mère, ni Maman, mais je vais le faire demain.
Karim : Ok. Je passerai la journée du samedi à la maison.
**************
Pdv Fabi
On avait passé une journée au ralenti et on s'était vraiment retrouvées ensemble que le soir pour regarder la télé.
Rocky, au bout d'un moment : Sinon Khadija, je t'ai vue hier en train de discuter avec Fadel. On dirait que tu lui as tapé dans l'œil.
Dija : Cheut, Rocky, on a juste discuté un peu. Rien de plus.
Fabi : Pourtant je pense aussi que tu lui as vraiment frappé dans l'œil.
Dija : Je vous rappelle que ça ne fait juste que deux fois qu'on s'est vus. Il ne faut pas vous emballer parce qu'il m'a un peu tapé la discute.
Fabi : En tout cas, lui, c'est un mec bien. Donc ne te fermes pas à l'idée de lui ouvrir la porte s'il veut entrer.
Dija : Je ne suis pas dans cette attente. Croyez-moi, je veux vraiment me concentrer sur mes cours.
Moi : L'un n'a jamais gâché l'autre.
Fabi : Je confirme. Si on sait comment s'y prendre, l'un ne gâche pas l'autre.
Dija, rabat-joie : Justement, je ne sais pas comment m'y prendre. Alors je me concentre sur les études.
Fabi : Yow da nga khamoul kouy Fadel, mot akh ngey bagn (c'est parce que tu ne sais pas qui est Fadel, c'est pourquoi tu refuses).
Dija : Ça se voit que c'est un fils à papa. Il roule sur une belle voiture et alors? Khalil faisait de même, mais ça n'en faisait pas un type bien.
Fabi : Justement, il est loin d'être comme ton ex. Ce n'est pas lui qui profitera de ta naïveté pour après te laisser et aller épouser une autre qu'il juge être plus appropriée à son statut.
Dija : D'accord. C'est quelqu'un de bien. Mais je ne suis pas intéressée.
Moi : Ey waye, boudone mane(oh, si c'était moi qui l'avais tapé dans l'œil...). C'est vraiment injuste. Ma ngui fi di lamb rek (je suis toujours aussi seule).
Fabi : On est toutes deux dans le même mbouss (dans la même situation).
Moi : Oui. Mais déjà, toi tu l'es depuis moins longtemps que moi et surtout tu as un prétendant qui es très motivé à te faire quitter la maison célibat, c'est toi qui refuses. Ce n'est pas tout à fait la même situation .
Fabi : Patience. Je suis sûre que tu vas bientôt rencontrer ton prince charmant.
Elle sourit, pour seule réponse, loin de se douter que c'était des mots en l'air. Elle avait un admirateur secret et elle va très bientôt découvrir qu'elle a, elle aussi, tapé dans l'œil de quelqu'un.