— Tu as l’air songeur, François… — Oui, excuse-moi. Je pensais aux enfants d’Anne Gilbau. Je descends forcément d’un d’entre eux… — C’est vrai. D’un des garçons, puisque tu portes le même nom, même s’il a perdu une lettre au fil des siècles. — Je me demande ce qu’ils sont devenus ? Elle attendit avant de lui répondre que la serveuse eût débarrassé leurs couverts. — Il ne faisait pas bon être l’enfant d’une sorcière. D’après ce que je sais des coutumes de l’époque, ils ont peut-être été bannis, ainsi d’ailleurs que leur beau-père. Ou alors ils ont été confiés, elle à un couvent et eux à un monastère, afin de recevoir des bonnes sœurs et des moines une éducation religieuse draconienne destinée à les soustraire à l’emprise de Satan. — Les pauvres ! — Comme tu dis. En tout cas, tu es la


