Le Oura. Une petite oasis dans la sécheresse des éléments. Confiné dans une sorte de vieille bâtisse préservée de la démolition, l’endroit offre de manière artisanale ce qu’un industriel américain impose avec arrogance en laissant confondre son enseigne avec celle de l’entrée du métro. L’Oura, quant à lui, propose cette même restauration pour ados en mal de grandir, des boissons dépourvues du moindre gramme d’alcool, un mobilier sommaire et une surface d’accueil restreinte mais suffisamment ouverte pour qu’une demi-douzaine de dégingandés du quartier viennent se prélasser sur les chaises en plastique de l’établissement. Ma présence fait aussitôt contraste, autant par ma tenue que par l’écart d’âge. Le type derrière son comptoir affleure la vingtaine, son arpète en cuisine culmine aux


