CHAPITRE VIL’oncle et la nièceLe dé était jeté. Sir Philippe le savait ; Shirley le savait. Cette soirée, où toute la famille de Fieldhead dînait au prieuré de Nunnely, devait décider de l’affaire. Deux ou trois choses avaient amené sir Philippe Nunnely à se prononcer. Il avait observé que miss Keeldar avait l’air pensif et souffrant. Cette nouvelle phase dans sa manière d’être le frappa dans son côté faible, son côté poétique. Des sonnets fermentèrent tout à coup dans son cerveau ; et, pendant qu’ils s’élaboraient, une des sœurs persuada à la dame de ses amours de s’asseoir au piano et de chanter une ballade, une des propres ballades de sir Philippe. C’était le moins travaillé, le moins affecté, et sans comparaison le meilleur de ses nombreux essais poétiques. Il arriva que Shirley, l’i


