Telle fut sa situation pendant plusieurs mois ; mais, malheureusement pour elle, son maître, ou plutôt son ami, qui n’avait jamais eu la petite vérole, attrapa cette maladie, qui lui devint si fatale qu’il paya le tribut de la nature. Harriot possédait une assez belle garde-robe et quelques bijoux ; elle avait toujours agi d’une manière si généreuse et si équitable qu’à la mort de son maître elle n’avait pas amassé en argent une somme de cinq livres sterling, quoiqu’elle eût pu, aisément et sans mystère, devenir la maîtresse de mille louis. La scène fut bientôt changée : de surintendante d’une table splendide, elle se trouva réduite à une très mince pitance, et même cette pitance n’aurait pas duré longtemps si elle n’eût pas avisé aux moyens de venir promptement au secours de ses finances


