CHAPITRE XXIX LE MALTAISAlbani et Enrico sortirent aussitôt de la bruyère qui enveloppait cette petite péninsule et formait la limite extrême de la côte méridionale. Le terrain montait doucement, s'élevant comme une colline peuplée de groupes d'arecs, de bananiers sauvages, de buissons et de rotangs qui se contorsionnaient sur la pente comme des serpents démesurés. Un homme gravissait péniblement cette hauteur, s’appuyant à une canne. Il pouvait avoir trente ans ; il était de grande taille, mais si maigre, que ses haillons ballottaient sur ses membres de squelette. Ses cheveux et sa barbe incultes lui donnaient un aspect peu rassurant, presque sauvage. — C’est lui... C’est Marino !... répéta le matelot. — Dans cet état !... murmura Albani d’une voix émue. Si nous avions retardé nos r


