L’aube s’élevait sur Versailles avec la lenteur majestueuse des jours qui pressentent le désastre. Une brume argentée s’étirait au-dessus des jardins, noyant les bassins et les statues dans un voile spectral qui semblait suspendre le monde entre deux respirations. Le palais, encore silencieux, dormait sous ses dorures, inconscient du tremblement qui allait bientôt parcourir ses fondations invisibles. Françoise observait ce paysage depuis la haute fenêtre de ses appartements. Elle avait veillé toute la nuit, incapable de trouver le repos dans la paix apparente que le palais offrait. Son reflet, pâle et immobile dans la vitre, lui renvoyait l’image d’une femme souveraine en apparence, mais dont l’âme se débattait dans une agitation fébrile. Depuis plusieurs semaines, des rumeurs circulaien


