Je n’avais pas remis les pieds au travail depuis l’agression. Ma place était auprès d’elle. Mais cette absence commençait à peser : mon patron devait déjà s’impatienter, et je craignais de devoir annuler le défilé prévu. De toute façon, mon inspiration s’était tarie. Plus rien ne sortait de moi, comme si ma créativité avait été avalée par le désert. — Est-ce que je peux sortir un peu, juste quelques minutes ? demanda-t-elle d’une petite voix suppliante. J’étais prête à dire non, mais ses yeux embués me désarmèrent. Finalement, je cédai. Ce ne serait pas long, et je resterais avec elle. Je l’aidai à descendre prudemment l’escalier et nous sortîmes dans le jardin. J’étendis une couverture sur la pelouse. Le soleil était chaud, l’air doux ; peut-être que ça l’aiderait à retrouver un peu de


