VIIIAinsi que l’avait fait pressentir la tante Isabelle, il lui aurait été impossible de ne pas suivre son Benjamin. Après une soirée passée à se ronger les poings dans des accès de fureur contenue et une nuit pendant laquelle elle parut près de devenir folle, la vieille fille avait sauté en chemin de fer. Antoinette, restée seule avec son père, dut, pour expliquer l’absence de son frère et de sa tante, forger de toutes pièces une histoire. Mlle de Saint-Maurice avait eu des difficultés avec son fermier et elle était partie pour quelques jours avec Robert. Pour quelques jours ! Le marquis n’avait point remarqué le sourire navrant dont Antoinette avait accompagné ce mensonge. Il n’était point exigeant, le bon Honoré, et pourvu qu’on ne le tourmentât pas au sujet de ses inventions, il passa


