Melissa : on doit être fort encore comment ? On n’est pas déjà bien comme ça ? Tu parles de quoi même ?
Fabrice : tout à l’heure elle a encore eu mal, très mal. Elle est à l’hôpital. Le docteur dit que son état est très grave. Il faut l’opérer dans les jours qui suivent sinon on va la perdre.
Melissa : alors que le matin elle allait bien, toi-même tu as vu, non ? Tu dis maintenant qu’elle va mal comment ? Je veux voir maman
Fabrice : tout ce qu’on a représente la moitié de l’argent de l’opération. Là-bas ils connaissent que nous sommes pauvres. Ils ne vont pas la soigner tant qu’on n’a pas l’intégralité de l’argent. On va faire comment ?
Melissa : le délai pour trouver l’argent c’est quand?
Fabrice : le docteur a dit dans deux jours si on ne donne pas tout on rentre avec elle. J’ai marché dans les hôpitaux toute la journée, ils disent tous qu’ils ne peuvent pas faire l’opération dont elle a besoin. C’est seulement à l’hôpital là qu’elle peut être soignée.
Melissa : le maitre m’a donné deux milles et j’ai travaillé trois milles.
Elle tendit un plastique de petite monnaie et son billet d’argent à son frère.
Fabrice : le maitre t’a donné cet argent pourquoi ?
Melissa : comme j’ai eu le CEP
Il eut un bond de joie. Au moins une bonne nouvelle dans ces moments difficiles. Cela ne dura pas longtemps. Il fallait penser à une manière de vite trouver l’agent de l’opération.
Fabrice : j’ai un combi au marché qui me doit dix mille. Il va me remettre ça si je lui explique la situation. Toi tu vas aller finir de vendre et on ira voir les membres de la réunion de papa pour leur expliquer la situation. J’espère qu’ils vont nous aider. On doit tout faire pour que dans deux jours elle soit prise en charge.
Melissa : je sais qu’elle va s’en sortir, elle s’en remet toujours. Dès que je finis de vendre je pars la voir. Elle est avec qui?
Fabrice : elle est avec papa. L’enfant est chez la voisine, passe voir comment il va. On se retrouve chez le président de la réunion au plus tard à vingt heure. C’est à cette heure qu’il rentre du travail.
Dans l’espoir que leur prévision s’accomplisse, chacun avait pris sa route. Melissa était passé faire un bisou à son frère avant d’aller continuer ses ventes. Sa tristesse se lisait sur son visage, elle suppliait chaque passant du lui acheter quelques avocats. Aux plus généreux, elle parlait de la santé de sa mère en espérant qu’une âme de bonne volonté lui vienne en aide. Certains lui donnait un billet de cinq cent francs, ceux de mille franc et certain une pièce de cent franc.
Dans ses marches, elle avait aperçu son frère dans un coin du marché en train de discuter avec un groupe d’ami. Elle s’était approchée pour entendre le sujet de la dispute. Son frère était très en colère.
Fabrice : je te dis que ma daronne est malade, mourante et que tu dois te battre pour remettre mon argent tu refuses en m’insultant ?
Son interlocuteur répondit,
-on avait dit que je te rendrai ton argent dans deux semaines. A moins d’une semaine tu viens réclamer, je vais sortir ça d’où ? Toi aussi ! Tu veux que je fasse comment ?
Fabrice : bats-toi, emprunte même à ton patron tu me remets. Je dois aller à l’hôpital. Ma mère est mourante.
-est-ce que c’est de ma faute si elle est dans cet état ? C’est ton père qui sait où il avait vendu toute sa famille. Moi quoi ?
Melissa qui entendait déposa son plateau par terre. Elle ramassa l’avocat le moins tendre et pris une position assez confortable pour viser. Elle calcula la tête du dit ami de son frère. Fabrice l’avait vu, il secouait la tête à la négative pour qu’elle oublie son idée folle. Elle pointa du doigt le porte-monnaie de cet ami. Fabrice compris ce qu’il fallait faire. D’un élan v*****t, elle propulsa l’avocat jusqu’à la tête du jeune garçon. Pendant qu’il s’écriait en cherchant à comprendre ce qui se passait, Fabrice lui enleva le portefeuille de la poche. Il fouilla assez rapidement et enleva les deux billets de cinq milles francs qui s’y trouvaient.
Fabrice : quand tu avais besoin de moi je t’ai aidé mais lorsque je suis au bord du gouffre tu refuses de me remettre mon dû. C’est quand je vais sortir ma mère de l’hôpital que je vais te régler ton compte. Tu sais de quoi je suis capable.
Il jeta le portefeuille par terre et s’en alla. Melissa n’avait pas laissé le temps de se faire voir. Elle avait vite fait de s’infiltrer dans une petite piste qui donnait à la boucherie. Elle avait encore une heure de temps à vendre avant de se rendre à l’hôpital. Pendant qu’elle scionnait les rues de la boucherie, un homme arriva par derrière et la renversa. Tous ses avocats se versèrent.
Melissa : mince ! Tu marches avec les yeux dans les poches ?
L’homme s’excusa et commença à ramasser les avocats.
Melissa : tu ramasses pour faire quoi ? Si toi-même tu humes l’odeur de la boucherie sur un avocat tu vas encore acheter ? Personne ne va plus vouloir prendre ça. Attends je compte seulement ce que ça fait et puis tu me paie. Ma mère est d’abord à l’hôpital, je dois aller la voir.
-werr ma mère, on va aller laver, non. Je suis désolé. J’étais pressé
Melissa : si je cris ici, tous les hommes que tu vois avec les gros couteaux ne vont plus trancher la viandes. Ils vont venir te découper. Donnes moi seulement l’argent je pars.
-ne sois pas méchante s’il te plait. Est-ce que j’ai fait ça expressément ? Ramassons, non !
Melissa : ngeu ramassons ! Tu t’amuses seul hein. Moi j’attends deux milles franc cache.
-pour cinq avocats ? Je te donne mille franc
Melissa : tu marchais sans regarder, tu courrais dans un endroit aussi étroit, tu m’as bousculé et j’ai très mal là où tu as cogné. En plus…
-ça va ! Voilà ton argent (en lui tendant un billet), excuse-moi !
Elle savait qu’elle n’avait pas été gentille mais la mort était certainement plus méchante qu’elle. Elle garda l’argent et ramassa ses avocats. Les bouchées qui avaient observés la scène se mirent à rire. Elle était l’une des vendeuses les plus connu au marché du fait de son influence. Il fallait juste prononcer son nom pour qu’on l’indique dans une rue.
Elle alla laver ses avocats dans un point d’eau et se remit sur le marché. Trente minutes avaient suffi pour qu’elle vende ce qui restait. Ce double gain lui avait fait plaisir. Ayant gardé son plateau chez une femme du marché, elle courut à l’hôpital voir sa maman. A son arrivée, sa mère se tordait de douleur dans un lit qui l’empêchait de bouger à cause de sa petitesse.
Assise au chevet de sa douce mère, les mots manquaient à Melissa. Son désir le plus profond était de calmer cette douleur. Son père était assis sur une chaise, tête baissée, sommeil à la pointe de ses yeux. Il n’avait même sut que sa fille était entrée. Il ne lui manquait plus que les ronflements pour signaler son état à qui voulait le savoir.
Touchant le ventre de sa mère en pensant calmer sa douleur, Melissa ne cessait de se lamenter.
Melissa : ça fait mal où ma’a ? Dis-moi je touche l’endroit pour que ça diminue. Ne pleure plus mama pardon
Cette jeune enfant perdait la paix de l’âme en voyant sa mère dans cet état. Grelottant de chagrin, elle s’était enfoui dans les bras de sa mère pour vivre sa douleur avec elle. Une infirmière qui passait par là l’avait regardé et avait eu de la peine pour elle.
-ne reste pas là comme ça, la patiente a besoin d’espace
Melissa : dis-moi que vous allez l’opérer et qu’elle ne va plus avoir mal. C’est ma seule maman. Si elle part je vais devenir quoi ? On a un petit enfant à la maison. Regarde notre père, un homme qui passe son temps à boire. On n’a pas grand-chose. Il ne faut pas la laisser mourir.
La jeune infirmière n’avait pas caché la douleur qu’elle ressentait en voyant la souffrance de cette jeune enfant. Elle s’était laissé emporter par les émotions, ses larmes en témoignaient.
-je vais parler au docteur ma chérie, je vais lui dire et on verra quoi faire. Je te le promets
Melissa : merci beaucoup. Quand maman va guérir je vais aller chercher les meilleurs avocats pour toi. Je vais te vendre ça moins chère, c’est promis aussi.
-tu n’as pas à me remercier, je le fais de tout cœur.
Melissa ne pouvait plus laisser sa mère après l’avoir vu dans cet état. Elle savait que Fabrice comprendrait et irait voir le président de la réunion tout seul. Pendant un moment, le mal de sa mère s’était calmé. Elle demandait à boire. Melissa avait vite fait de lui faire boire les dernières gouttes d’eau qu’il y’avait dans une bouteille à son chevet.
Melissa : tu vas mieux ma’a ?
Ma’a Martine : ça fait moins mal ma fille. Vas remplir la bouteille d’eau tu reviens.
Melissa : tu as mangé quoi ? J’acheté quelque chose tu manges, non ?
Ma’a Martine : achète aussi pour ton père, il est là depuis que ton frère m’a laissé ici. Il doit avoir faim. Achète les beignets et remplit la bouteille d’eau. On va se rassasier avec.
Melissa : tu ne vas pas avoir mal quand je vais partir, non ?
Ma’a Martine : je ne vais pas avoir mal ma fille, Vas-y !
Elle s’était empressée pour éviter que Martine soit seule pendant longtemps. Devant la vendeuse de beignet, elle avait passé sa commande. Pendant qu’elle attendait que ce soit prêt, elle sentit une main se poser sur son épaule. C’était l’homme qui l’avait bousculé quelques heures plus tôt au marché.
-tu disais vrai que ta maman est à l’hôpital ?
Melissa : est-ce que je mens même souvent ? Je dis ma chose tu doutes alors que tu ne me connais même pas ?
-pardon, ne ma tape pas. Pourquoi tu es agressive comme ça ?
Melissa : on t’a forcé de venir me parler ? Je pars moi déjà, bye !
Elle avait pris ses beignets. Pendant qu’elle allait vers l’hôpital, il ne cessait de la suivre. Une fois dans l’hôpital, elle récupéra sa bouteille d’eau au robinet. Elle s’arrêta en se rendant compte qu’il ne cessait de la suivre.
Melissa : écoutes hein, je suis sur les nerfs. J’ai d’abord mal à la tête parce que j’ai crié ‘’avocat, avocat’’ toute la journée. J’ai même pleuré aussi. Donc si tu tiens à ta vie, ne me suis plus. Si tu ne me connais pas encore, il faut te renseigner.
-tu es une tigresse, je veux bien être ton tigre un jour.
Melissa : je ne comprends même pas d’abord ce que tu racontes. Ce n’est parce que tu vois que mes seins poussent un peu un peu que tu vas penser que tu peux me dire tout ce que tu veux. Mon grand frère va te faire un truc.
Pendant qu’elle parlait, elle aperçut son frère à l’accueil en pleine dispute avec le docteur. Elle courut pour voir ce qui se passait.
Fabrice : c’est tout ce que nous avons pu avoir. Il ne manque plus que dix mille franc. Vous devez l’opérer pendant qu’on cherche le reste. On s’est endetté partout. On ne peut plus rien faire pour le moment.
-je vous dis que je ne peux rien faire pour vous. Je vais acheter le matériel avec quoi ? Je suis obligé d’attendre que vous complétiez l’argent.
Melissa : mecde !
Fabrice : restes tranquille sœurette, s’il te plait
Melissa : que je reste tranquille. On a scionné toutes les rues de cette ville jusqu’à il manque seulement dix mille. Ce docteur qu’on a formé pour soigner refuse de soigner.
-qui est donc cette petite fille qui hausse le ton dans mon centre hospitalier ?
Melissa : si vous ne voulez pas que j’aille à la télé avant de parler, soignez ma mère.
Au même moment, un journaliste qui était sur place sous couverture se mit à enregistrer la scène. Le docteur s’en était aperçu.
-ne parle plus s’il te plait
Melissa : C’est patate qui avait accepté qu’on la mange crue. Moi je suis le macabo. Si ma mère ne guéri pas, on va voir qui est qui ici.