Ambroise, notre vieux jardinier vient de me rejoindre dans la chambre funéraire où gît le corps de mon défunt mari qui endimanché est allongé de tout son long sur le lit. Toute la journée j'ai reçu les voisins et amis qui sont venus me présenter leurs condoléances. Ambroise est là timide sa casquette crasseuse dans ses mains, il n'ose s'avancer vers moi, vers son maître qui n'est plus. Gontran mon mari est décédé brusquement d'une crise cardiaque et comme il est de coutume au domaine nous avons organisé ses obsèques chez nous avant de le conduire au cimetière. A vous dire vrai je n'ai pas trop de peine, pas de peine du tout même, Gontran m'avait épousé par intérêt et il m'a vite délaissée, c'est de notoriété publique, dilapidant une partie de ma fortune avec de nombreuses maîtresses. J'


