Ex

4999 Mots
Victor soupire.. et repose son verre.. ça faisait trois jours. Trois jours que Diana, sans qu’il n’arrive à savoir comment, salé ou rallonger à l’eau, ses plats et ses boissons.. son café était fichue.. elle lui lançait des regards sournois, et souvent, comme à cet instant, ajoute d’un ton faussement compatissant : « c’est le goût de la trahison.. - mon ange.. ta vendetta m’a amusé le premier jour.. - qui vous dit que c’est moi ? Vous avez surement du trahir d’autre personne.. » sa moue boudeuse le fait sourire, malgres l’agacement..: « combien de fois, vais je devoir m’excuser..? ». Haussement d'épaules .... elle se replonge dans ses papiers.. Il lui masse doucement les épaules : « mon assistante semble surcharger de travail.. est ce qu’elle ne voudrait pas faire une pause..? - ça depend... - j’ai un nouveau brigadier à acceuillir après, alors.. une pause serais la bienvenue.. vu que mon café était imbuvable.. - ce qui est imbuvable, c’est le manque de confiance d’un proche.. » il rit..: « bon sang Diana.. ma vie etait si fade sans toi.. ne te fais pas prier.. viens avec moi.. - si vous y tenez.. je vous previent, se seras compté en temps de travail.. ». Il l’embrasse sur la joue et ils partent dans le salon de thé habituel.. le commissaire commande un café et sa protégée lui tend un sachet de sucre..: « du sucre pere ? Je sais que vous appreçier le café mediocre avec un peu de sucre.. » elle allait verser le petit paquet, mais le commissaire lui attrape le poignet et goutte le contenu : « Diana Maria-Jennifer ! Petite peste ! C’est comme ça que tu t’y prends.. du sel à la place du sucre ! - j’ai du confondre.. c’est de votre faute, vous savez bien qu’on ne peux pas me faire confiance.. - ta vendetta s’arrête maintenant jeune fille.. je m’excuse de nouveau.. je n’aurais pas du demander à Carl de fouiller ton bureau.. mais cette histoire de dossier m’a perturbé.. - mouai.. moi ce qui me perturbe c’est.. - mon manque de confiance en toi je sais.. crois moi, j’essais de faire des efforts.. et ce n’est pas vraiment en toi que je n’ai pas confiance si tu veux tout savoir - en qui alors ? En vous..? - non.. en les autres.. que tu te meles d’affaires, ne me poserait pas de problemes à proprement parler, mais le soucis c’est que dans ces affaires, il y a souvent des gens mal intentionnés qui pourrait te faire du mal.. c’est en eux que je n’ai pas confiance.. - je comprend.. c’est normal.. dans ce cas.. resolvez vos affaires rapidement comme ça, je ne serais pas tentée de le faire moi même, comme les nombreuses autres fois.. - tu as un culot monstre tu sais.. tu n’en as pas resolus tant que ça - c’est moi qui trouvait toutes les preuves.. même pour celle de Giou, sans moi, le lieutenant Blake n’aurait jamais trouvé quoi que se soit.. - j’ai malheureusement raté celle ci.. mais j’en ai entendu parler.. tu as eu de la chance que j’estimais deja William.. Lache ce sachet.. je te vois.. ». Elle marmonne mais ils finissent par discuter calmement.. et retournent au commissariat., Pendant ce temps, Simon discute avec le nouveau brigadier : — Du coup, c’est quoi ton p’tit nom… ? — Geremy, avec un G, lieutenant Garrel. — OK… t’emballe pas. Juste lieutenant, ça ira… Alex !? Le major arrive en souriant. " Oui… ? — Le nouveau… le major Martin. Le fils du boss. — Oh… mes respects, major. — Alex, je préfère. Geremy, c’est ça… ?" Il acquiesce d’un signe de tête et sourit. " J’ai pas encore vu le commissaire, mais il paraît qu’il est sévère…" Simon hausse les épaules. " T’inquiète… il est sévère mais juste. Fais pas de conneries, drague pas sa fille et ça ira. — Il a une fille ? Policière aussi ? — Ouh là, non… adoptive. Elle bosse avec lui comme assistante. — C’est vrai qu’il est milliardaire… ? Le major grimace. — Mouais… enfin… c’est vrai que là-dessus, je peux rien lui reprocher : il est humble. Ah ben tiens… quand on parle du loup…" Simon sourit. — Du loup et du chaton… Le nouveau fronce les sourcils. " Le chaton ? — Ma demi-sœur… et donc la fille du boss. — Mais… ? T’es de sa famille aussi ? — Du chef ? Non… heureusement." Victor et Diana s’approchent du groupe. Le commissaire tend la main à sa nouvelle recrue : " Brigadier Delanger ? — Mes respects, commissaire ! C’est un honneur. — Hum… bienvenue. J’espère que vous vous plairez ici." Il ne remarque pas que, juste à côté de lui, Diana s’est figée. Son sourire s’est éteint, sa main s’est crispée contre son dossier. " Voici ma fille, Diana, qui travaille avec moi. — Diana ?! Mais… oui, c’est toi !?" Le sang quitte instantanément le visage de la jeune femme. Elle baisse les yeux, inspire lentement, puis relève la tête avec un sourire visiblement forcé. Alexis fronce les sourcils. "Vous vous connaissez… ?" Diana hésite une fraction de seconde de trop avant de répondre, évitant le regard de son père. " Oui… enfin… ça fait longtemps. Bonjour, Geremy…" Sa voix est plus basse qu’à l’ordinaire. " Ça alors ! Je t’avais pas reconnue tout de suite !" Victor passe un bras autour des épaules de sa fille. " Comment vous êtes-vous rencontrés… ?" Diana se raidit légèrement sous le geste, serre les lèvres, puis lâche : " Oh… c’est un ex-petit ami." Un silence s’installe. Elle garde les yeux fixés au sol, comme si la conversation pouvait s’arrêter là. Il acquiesce. " Oui…" Garrel fait signe à William, qui passe la porte avec un prévenu, suivi de Jordan. "Cap’taine !?" Blake s’approche. " Yes… ? Oh, tu es le nouveau brigadier ? Enchanté. — Capitaine Blake, c’est un honneur. — Je m’appelle William. Hello, darling…" Il embrasse sa petite amie sur les lèvres. "On déjeune ensemble ce midi ? — Oui… mais il faudra faire vite." Simon ricane. " Ça, il sait faire…" Diana rougit : « Très drôle Simon.. ne fait pas le malin, Lisa m’a confié des trucs sur toi.. - quoi ? Elle a dit quoi ?! Ça m’etonnerait !? - j’ai du travail.. à plus tard.. je vais porter vos papiers pere.." Simon l'a retient : " hé ! Mon bisous.." elle l'embrasse sur la joue et elle rejoint Guillaume dans la voiture. Victor fait signe au nouveau de le suivre : "Venez dans mon bureau… je vous expliquerai le fonctionnement, ce genre de choses. Quant à vous trois… reprenez le travail, il vous rejoindra plus tard." Ils acquiescent, mais ne se dispersent pas tout de suite. Alex fronce les sourcils. " Didi avait l’air mal à l’aise…" Simon hausse les épaules. " Normal… c’est son ex." Blake écarquille les yeux. " What !? Mais… un ex ? Un ex, ex… ou plutôt ex… ex… ?" Le major soupire. "Vu sa tête, je dirais un ex, ex. Il a dû lui briser le cœur. — Oh… good. Au moins, elle me quittera pas pour lui. Anyway… let’s go work !". Dans la voiture, Guillaume remarque le silence inhabituel de sa patronne. Diana fixe la route, le visage fermé, la voix mécanique lorsqu’elle répond. Nerveuse. Tendue. Il la dépose à la poste, puis aux impôts. Elle ne s’est pas détendue une seule seconde. Dans le bureau du commissaire, Geremy répond calmement aux questions de son supérieur:. " J’espère que votre histoire avec ma fille ne vous gênera pas pour travailler avec le capitaine Blake et le lieutenant Garrel.? — non..commissaire… — Elle considère mon fils comme son demi frère.. Ils sont très proches. — Je n’ai aucun problème, commissaire. Cette histoire est ancienne. Honnêtement, je ne l’aurais pas reconnue." Victor esquisse un sourire. " Votre dossier est irréprochable. J’y tiens. J’exige de mes hommes qu’ils soient exemplaires, en service comme en dehors. — Bien sûr, commissaire." Une fois seul, aprés avoir pris le temps de lui montrer les locaux, Victor passe un appel. " Jeff…? renseigne-toi sur le nouveau brigadier. Geremy Delanger, avec un G. Je veux tout savoir. C’est un ex de Diana… elle était perturbée. Rapidement." Il raccroche et regarde par la fenêtre. En bas, dans la rue, devant le commissariat, Diana s’adresse à son garde du corps, à voix basse. "Renseigne-toi discrètement sur le nouveau brigadier. Je veux savoir ce qu’il est devenu depuis… depuis qu’on a rompu. Il y a quinze ans. Peut-être plus. Et reste près de moi. — Très bien, mademoiselle. Je commence dès maintenant." Un simple ex n’aurait pas suffi à la mettre dans cet état. Si elle demandait sa protection, c’est que l’histoire avait été compliquée. Simon l'interpelle sitôt qu'elle passe la porte..: " chaton !!". Elle s'approche, talonné par son beau-frère : " quoi ? - tu peux dire au chef qu'on a besoin de prolonger une garde à vue ? - c'est pas dans mes prérogatives.. c'est le comte que j'assiste pas le commissaire.. - allez.. s'il te plait..". Elle soupire.. et acquiesce d'un signe de tête.. écoutant William qui explique à Geremy l'affaire..: " en gros, on a un jeune disparut.. qui c'est fait enlever par un homme apparement, il l'a enlevé en le droguant et en le faisant descendre d'un bus sur un fauteuil roulant.. on cherche un drogué, ou un medecin.. infirmier.. bref.. tout ceux qui savent piquer.. et avoir accès à des drogues.. on le voit avec un genre de seringue.. peut être un veto ou un pharmacien - ok... tout ceux qui sont dans le medical quoi..? - yes.." . Blake se retourne en entendant sa compagne : " ou un diabetique.. - what ? - il n'y a pas que les pro qui savent piquer.. les diabétiques se font encore des piqures d'insuline, même si c'est moins frequent avec les pompes.. mais ils savent piquer.." son ex intervient : " mais l'insuline n'est pas une drogue.." elle se retient de partir.. elle ne risque rien ici.. elle se contente de sourire légèrement : " pour les diabétiques non.. mais pour les autres, c'est mortelle.. ça provoque un comas.. et si j'ai raison, vous n'avez plus beaucoup de temps pour le retrouver en vie.." Alexis acquiesce : " on ne va pas tarder à être fixés.. j'ai les resultats du labo pour l'aiguille retrouver dans le bus..". Il ouvre le fichier et sourit à son amie : " bien joué ma jolie... c'est bien de l'insuline.. maintenant, faut trouver qui parmi nos suspects est diabetique.." La jeune femme soupire.. trop facile.. pour une ancienne assistante de vie..: " lui..." Simon grimace : " ha ouai ? Comment tu sais qu'il l'est..? - il a un capteur sur le bras.. c'est un truc qui vérifie ta glycémie sans avoir besoin de se piquer le doigt... " elle palit en entendant Victor derriere elle : " eh bien on dirait que la garde à vue n'est plus nécessaire.." elle sert ses dossiers contre elle : " C'est William qui a parlé et j'ai fait mon travail de citoyenne ! promis je ne voulais pas m'en mêler !! - je sais.. j'ai tout entendu.. Capitaine.. allez vite l'interpeller.. la victime est peut être encore en vie... brigadier, vous allez avec eux.. mais pas de zele pour votre premier jour..." Blake embrasse rapidement sa compagne : " sorry.. on va devoir reporter le déjeuner.. - t'en fait pas.. - I love you.. - moi aussi..". Simon la decoiffe : " bon boulot Chaton.. je devrais te payer pour bosser à ma place - tsss..". Alexis lui fait un clin d'oeil avant de partir... qu'elle trouve suspect.. est ce que sa grand mere a raison ? Il sait..? Victor lui sourit : " tu es vraiment intelligente...? Comment as-tu eu l'idee..? - quand Will a dit qu'il cherchait un pro.. genre medecin etc.. n'importe qui peut piquer... c'est pas bien compliqué.. et l'insuline est dangereuse chez les non diabetique.. ma soeur l'est, et j'ai eu beaucoup de personnes âgées qui l'etaient aussi.. bref.. Simon m'avait appelé pour que je vous dise de prolonger une garde à vue, mais c'est plus nécessaire.. et j'aurais mieux fait de me taire.. Will devait déjeuner avec moi.. - je serais ravi d'être ton dernier choix mon ange..". D'habitude, ce genre de réflexion l'a fait sourire.. elle se tourne vers son garde du corps : " je pense qu'avec le commissaire ça irat.. prend ta pause si tu veux.. on se retrouve ici tout à l'heure.. - oui mademoiselle..". Elle fronce ses sourcils en regardant de nouveau Victor : " ne me reharcelez pas en imaginant que je fouine ! - je n'en ai pas l'intention..". Il l’emmène déjeuner dans un restaurant proposant des options végétariennes. Pourtant, Diana semble toujours contrariée. " Tout va bien, trésor ? — Oui… — J’ai l’impression que revoir ton ex t’a perturbée. — Non. Même si ce n’est pas agréable. — Tu es sûre ? Sinon, je peux m’arranger pour le faire partir. — J’ai des choses bien plus importantes en tête, figurez-vous. — Vraiment ? Qu’est-ce qui te préoccupe ? Tu n’as pas trouvé de déchets à recycler pour ta prochaine animation ?" Elle le fusille du regard. " Ce n’est pas en étant méprisant que je vais me confier ! Allez plutôt casser la gueule de vos dealers dans une ruelle sombre et ne vous mêlez pas de mes affaires !" Elle se lève brusquement et se dirige vers les toilettes. Il tente de la retenir. " Ne te vexe pas ! Je plaisantais… Diana… ?" Elle ne se retourne pas. Il soupire. Diana était sensible. Revoir un ex devait forcément remuer quelque chose — d’autant plus que cet ex travaillait désormais avec son compagnon actuel. Elle allait être amenée à le croiser souvent. Ce qui l’intriguait, c’est qu’il n’avait jamais entendu parler de cet homme. Lors de son enlèvement, toutes les pistes avaient été explorées : anciens compagnons, relations éphémères, simples fréquentations. Lui était passé sous les radars. Et ça, ce n’était pas normal. Dans la voiture de police, Geremy interroge ses supérieurs. " Le type en noir, c’est un flic aussi ? — Il l’était, " répond William. " Maintenant, c’est l’homme à tout faire de Foxy : garde du corps, chauffeur… il s’occupe même de nos enfants parfois. — Vous avez des enfants ? — Yes. Two. Une fille et un garçon. — Pas mal. Mais pourquoi elle a besoin d’un garde du corps ? Le chef est si riche que ça ? — C’est surtout qu’il n’a pas que des amis. Lui aussi a un homme de main : Jeff. Costume noir, pas très bavard. Tu le verras souvent au comico." Simon intervient : " Faudrait aussi lui dire pour ton autre lien avec le chef. — Ah… yes. J’oublie toujours," soupire William. " Quel lien ?" demande Geremy. " Le commissaire est mon demi-frère. Le commandant aussi. Le garde du corps de Foxy également… et Alex, c’est mon neveu." Geremy cligne des yeux. — Vous n'êtes pas cousins ? — Par nos mères, " précise le major. " Côté paternel, c’est plus compliqué. Mon grand-père était obsédé par les héritiers « parfaits ». Résultat : une famille… très étendue. — OK… mais pourquoi avoir adopté Diana ? — Elle a fait la une pendant un moment. T’as rater ça ? — J’étais à l’école de police... ho... non... c'est pas elle la fille qui a été enlevée pendant plus de six mois ?!! ça nous rendait dingue qu'il n'y ai aucunes pistes ! c'était un cas souvent cité par nos formateurs !" Simon grimace. " Le chaton préfèrerait sûrement t’expliquer elle-même... Mais disons que le chef voulait une héritière plus futée qu’Alex. — Elle est le cerveau, je suis les muscles, ça me va, " réplique l'intéressé Puis, plus sérieux : "Ma belle-mère rêvait d’une fille comme elle. Diana avait besoin d’un nouveau départ. Chacun y a trouvé son compte.. " William acquiesce : " Foxy c'est attachée à eux aussi.. le chef l'adore autant que sa femme désormais.. tu verras, ils s'engueulent des fois, t'en mêles pas et tout se passeras bien.." Geremy se tourne vers Alexis.. "c'est bien qu'elle soit devenue.. plus.. sociable.. t'es son ami depuis longtemps ? - quelques années.. j'etais celui de Will.. alors, sa copine est devenue ma meilleure amie.. - à l'époque, elle n'avait pas beaucoup d'amies.. juste deux.. elle n'a jamais voulu rencontrer mes potes.. " Simon regarde dans le retro.. Alex semblait un peu agacé par le brigadier.. il change de sujet : " En tout cas, si on retrouve le type vivant, se seras grâce à elle, on va pouvoir boucler cette affaire et se concentrer sur la maison de retraite.. le chef nous met la pression, y'a une agence de détectives privés qui enquête aussi, et il le prend comme un affront.. - ha.. - y'a eu un dece suspect avec le pere d'un de ses amis, mais apparement, il trouvait rien ... donc il a demandé à l'agence.. c'est quand le chaton a trouvé un cadavre dans leur poubelle qu'il a du rouvrir l'enquête.. mais pour l'instant, on seche.. - elle n'est plus femme de menage alors ? - non, enfin.. sauf pour moi.. elle adore venir ranger mon appart.. sois disant pour soulager ma copine qui est auxiliaire de vie, parce que : " la pauvre en fait assez chez les autres..".. du coup je l'a laisse faire.." Alexis lui donne une tape : " un frere comme toi c'est pas un cadeau.. puis elle a toujours été au moins aide à domicile.. pas femme de menage, c'est pas pareil.. - hé.. j'suis veuf je te rappelle.. elle m'aide à trier ses affaires, et à entretenir sa chambre.. Lisa remplace pas Laurence.., d'ailleurs, tant qu'à faire.. puisque tu finiras par l'apprendre, ma femme est morte en couche, j'ai pas voulut de la gosse, du coup je l'ai fait reconnaitre par William sans son avis.. et ma soeur l'a adopté.. donc, oui.. elle me ressemble, mais non je regrette pas.. - d'accord.. c'est vrai qu'elle a toujours aimé les gosses.. votre fils aussi est adopté..? - non, mais c'est compliqué.. on le croyait mort.. et on appris que deux ans plus tard qu'il était vivant.. mais, c'est comme si il avait toujours était là maintenant.. - ils s'appellent comment vos enfants..? pardon, j'ai du mal à tutoyer mes supérieur - j'ai l'habitude.. c'est Liam et Angelina, mais on l'appelle Angy..". Au restaurant, Diana peine à retrouver le sourire. Évidemment que ce connard l’avait perturbée. Et c’était bien ça, le problème. Il lui avait fallu des années pour tourner la page, pour retrouver un équilibre après chaque rupture. Des années à reconstruire quelque chose de stable. Instinctivement, elle frotte son poignet, là où subsiste encore une trace pâle. Ce jour-là, le couteau n’avait pas coupé. Son meilleur couteau à légumes, capable de venir à bout des butternuts à la peau épaisse, avait glissé sur sa peau sans s’y planter. Elle chasse l’image, mais une grimace lui échappe. Son père adoptif la regarde, inquiet. " tout va bien ? — C’est la soirée d’hier qui me tracasse… — Pourquoi ? Quelqu’un t’a dit quelque chose ?" Elle hésite, baisse les yeux. " On m’a fait une proposition… mais ça ne va pas vous plaire. Alors je préfère ne pas vous demander conseil. — Une proposition ?! Qu’est-ce que tu veux dire ? Si c’est ce vieux pervers, je— — Non. Pas ce genre de proposition. Et ce n’est pas lui." Il se radoucit. " Trésor… tu sais très bien que même si je m’énerve, je ne t’empêcherai jamais de faire quoi que ce soit." Elle esquisse un sourire sans joie. " Ah oui… bien sûr. — Viens. On en parlera dans mon bureau. Je te promets de t’écouter." Diana inspire lentement, comme pour se donner du courage. "Hum…" Elle n’est pas convaincue. Mais elle acquiesce quand même. De retour au poste, l’équipe de Blake est euphorique. Ils ont sauvé la victime de justesse et arrêté le coupable. Autour de la machine à café, ils trinquent avec leurs gobelets quand des éclats de voix résonnent depuis le bureau du commissaire. Daniel passe devant eux, un sourire amusé aux lèvres. " Apparemment, Diana veut faire un truc, et Victor n’est pas d’accord… J’ai entendu les mots « insolente », « hors de question » et « impertinente »." Son neveu sourit aussitôt. " Ouh là… et on est en train de rater ça…" Simon acquiesce. " Grave ! Amène-toi ! Je parie deux clopes qu’elle balance un « je vous déteste ». — Tenue !" William soupire. " Boys… on a du trav—" (Il s’interrompt en les voyant déjà partir.) " …ok. Ils sont partis. Jordan ! Pas toi ! — Désolé, mais la dernière fois j’ai perdu mon pari. — Génial… Bon. Geremy, tu préfères commencer à bosser ou écouter ton ex s’engueuler avec le commissaire ? — J’attends vos ordres, capitaine." Dans le bureau, Victor tente tant bien que mal de garder son calme. " Mon ange, écoute-moi bien. C’est hors de question. — Ça servait donc à ça de me dire que je pourrais réaliser tous mes rêves en étant votre fille ? — Je ne pensais pas que tes rêves seraient aussi médiocres ! Tu as déjà ton association de hippies écolos, et maintenant tu veux redevenir femme de ménage ?! — Je veux diriger une agence d’aide à domicile ! — Ah, parce que tu es décidée soudainement ?! Je croyais que tu voulais réfléchir, demander conseil ! — OUAIS BEN VU QUE VOUS ÊTES MÉPRISANT, JE VAIS ACCEPTER JUSTE POUR VOUS FAIRE CHIER ! — Reste polie, jeune fille ! — Sinon quoi ?! Vous allez m’arrêter pour outrage à agent ? — Ne me tente pas ! — Essayez pour voir !" Elle lui donne un coup de pied qu’il évite de justesse. " DIANA ! Espèce de petite peste ! Coups et blessures sur agent, ça coûte plus cher que l’outrage ! — Vous m’interdisez toujours tout ! Je n’ai pas besoin de votre permission ! — Bien sûr que si ! Notre nom est une marque ! Si tu ouvres ton agence, je t’interdis d’utiliser le nôtre ! — Pourquoi ?! Pas assez glamour ?! Vous avez des clubs libertins ! Je vois pas en quoi c’est moins dégradant pour votre image ! — Ce n’est pas pareil, bon sang ! Tu ne peux pas viser un peu plus prestigieux ?! Voir plus grand qu’une boîte de bonniches ?! — Pardon, monseigneur, de salir votre image avec mon manque d’ambition ! — Ne sois pas insolente ! Je dis ça pour toi ! Les gens commencent à peine à ne plus te voir comme une pauvre ! Tu es la fille de la vingtième fortune de France, merde ! Comporte-toi comme telle, pour une fois ! — Je suis surtout la fille du vingtième plus gros connard ! — DIANA MARIA-JENNIFER ! CHANGE DE TON IMMÉDIATEMENT ! — SINON QUOI ?! VOUS ALLEZ ME COUPER LES VIVRES, « PÈRE » ?!" - TU TE FOUS DE MOI ?! "rugit Victor. Diana incline légèrement la tête, faussement respectueuse. " Oh non, voyons. Je vous prends très au sérieux. — Ne joue pas avec moi, Diana. — Trop tard. C’est fait depuis des années. — Où est-ce que tu crois aller ? — Je vais faire du shopping ! Victor ricane, amer. "Et dans quelles friperies miteuses comptes-tu encore— — Rassurez-vous," coup a-t-elle sèchement. "Pour ne pas humilier la vingtième fortune de France, je n’irai pas dans des friperies. Je vais dépenser beaucoup. Chez des gens qui prononcent correctement les prix à cinq chiffres." Elle attrape son sac, ouvre la porte et sort avec fracas. Dans le couloir, Simon, Jordan et Alexis sont appuyés contre le mur, morts de rire. Victor les aperçoit. "VOUS TROIS ! C’EST UN COMMISSARIAT, PAS UN SPECTACLE ! AU TRAVAIL, IMMEDIATEMENT !" Ils se redressent à la hâte… sauf Alexis, qui esquisse un sourire narquois. " Dis donc, papa… ton autorité, elle vient avec ta carte Gold ou elle s’est évaporée avec l’héritière ?" Victor le fusille du regard. "ALEXIS. -Je dis ça, je dis rien. Mais là, clairement… elle t’a mis une amende pour abus de pouvoir." Simon éclate de rire, Jordan tente de se retenir. — Foutez-le le camp !" Ils déguerpissent. Victor se retourne vers son bureau… s’immobilise… La carte....il fouille ses poches… ouvre son portefeuille. Vide. " …Non. Non non non. QU'ELLE PESTE !" Il se rue à la fenêtre et l’ouvre brutalement. "DIANA !!" En bas, elle s’arrête, se retourne lentement, un sourire insolent accroché aux lèvres. "Oui, Père ? — RENDS-MOI MA CARTE, TOUT DE SUITE !" Elle la sort de son sac, la fait briller au soleil entre deux doigts. " Oh celle-là ? Considérez que c’est pour un investissement sur votre précieuse image de marque ! -DIANA MARIA-JENNIFER, JE TE PRÉVIENS—" Elle lui fait un petit signe de la main, monte dans la voiture et claque la portière. Le moteur démarre. Alexis repasse la tête par l’encadrement de la porte. " Hé, au fait… Si tu veux, je peux te prêter ma carte. Mais faudra demander gentiment." Victor reste figé à la fenêtre. " …Je vais te faire muter dans un monastère". Il allume son portable et peste.. l'application de traçage saura exactement où elle est. Son frère l'interpelle : " Vic !? Je t'attends on doit aller le procureur ! t'as pas oublié ?! - Si ! Diana m'a volé ma carte ! - ho... mince.. elle va te ruiner.. - elle ne m'avait jamais fait ça ! - il faut une première à tout... j'imagine que tu t'es fachés, quand elle t'as dit qu'on lui avait proposé, la gestion d'une boite d'aide à domicile...? - tu étais au courant !? - elle m'a demandé conseil.. bizarrement, ça c'est très bien passé.. va savoir pourquoi.. peut être parce que je ne l'ai pas traité de bonniche..? - ça va ! Je te suis ! Laisse-moi juste prévenir Jeff ! - Laisse le tranquille ce pauvre homme.. Diana est fâché, elle va peut être te prendre un peu d'argent et alors..? Elle culpabilise d'acheter passé 50€, elle va redescendre..". Il tire son aîné par le bras.. et Victor n'insiste pas. C’est dans un spa luxueux que Diana dépense sans scrupule l’argent de son père. Le massage est divin… mais impossible pour elle de vraiment se détendre. À l’inverse de son garde du corps, qui finit par somnoler — difficile de dire si c’est à cause de ses râleries ou des mains expertes sur son dos. Après le soin, elle l’entraîne vers l’espace jacuzzi et sauna. La chaleur est étouffante, et il peine à rester concentré. Pour ne rien arranger, Diana est terriblement sexy quand elle râle, surtout en maillot de bain. Les cheveux plaqués sur la tête, le regard sombre. Elle claque des doigts. " Hé ! Tu m’écoutes ? T’es censé m’écouter râler ! — Pardon… Je me demandais juste si Victor était vraiment le fond du problème." Son agacement se fissure, laissant place à une moue hésitante. Elle se lève et glisse dans le bain à remous. Il la suit, gardant une distance respectueuse. Un long silence s’installe, puis elle soupire. " Promets-moi de n’en parler à personne. Ni à William, ni à Jeff, ni à Alex. — Je te le jure. — Je te fais confiance… Et puis, c’est mieux que tu saches pourquoi j’aurai besoin de toi au commissariat." Elle prend une inspiration et commence à tout lui raconter. À chaque passage trop difficile, elle s’enfonce un peu plus dans l’eau. Des larmes se mêlent aux remous. Il lutte contre l’envie de la prendre dans ses bras. Pas de contact. Pas sans son accord. Puis elle nage lentement jusqu’à lui et pose la tête sur son épaule. Chaque contact est une épreuve. Mais cette fois, il ne s’écarte pas. Elle était bien trop belle, et bien trop amoureuse de son demi-frère. Il arrivait à l’oublier avec d’autres, ne rêvait plus d’elle la nuit… mais elle lui faisait toujours de l’effet. Elle poursuit son récit. Il sent ses larmes imbiber son épaule. " J’étais trop jeune… tu comprends ? Trop… stupide. Je ne sais pas si c’est un hasard ou s’il m’a retrouvée… - Vous avez connu pire que lui. Et vous n’étiez pas stupide. Juste seule. Maintenant, vous ne l’êtes plus. — Je ne pourrai pas le croiser sans cesse… mais je ne peux pas le faire virer. Même si Victor le ferait, il saurait que ça vient de moi. — Vous devriez en parler au capitaine. Sa version à lui doit être très différente. Il doit entendre la vôtre. — Je… je n’y avais pas pensé. J’ai tellement honte… -Il comprendra. Il sait écouter, malgré ses défauts." Elle inspire, un peu plus calme. "Tu es un bon garde du corps. Merci." Il reste là. Présent : " ho.. de rien.. il y a pire comme travail.. - Dès qu’on sort, dis à Lynx de vérifier mon portable. — À vos ordres, mademoiselle. — Bien. Maintenant, je vais oublier cet abruti… et demander un autre massage." Il détourne la tête quand elle sort, pour ne pas regarder un corps qu’il jugeait bien trop parfait, puis la suit après s’être assuré qu’il n’avait rien de compromettant à cacher. Plus calme, Diana retourne ensuite au poste. La nounou étant malade, Lynx a ramené les enfants au manoir. Elle devait rattraper ses heures perdues au spa. Elle inspire, puis rejoint William. Guillaume l’attend dans la voiture, un peu plus loin. "Hello, darling. How are you ?".
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