Ennuie

4778 Mots
Quelques jours plus tard, C’est dans la salle d’attente d’une clinique, que Diana et William se retrouvent. Blake soupire : « rappelle moi pourquoi on est là deja..? - parce que c’est possible que le gynecologue ai inseminé la mère d’Eddy avec le.. tu sais quoi de tu sais qui.. - ho my godness.. c’est.. - oui.. mais c’est une piste cap’taine.. je ne peux pas la négliger.. ». Il regarde sa compagne avec un sourire en coin.. qu’est ce qu’elle avait changé depuis leur première rencontre.. il l’embrasse sur la joue : « Et si tu as raison ? - se serais.. potentiellement la merde.. parcequ’il aurait pu en faire d’autres.. tu imagines si il a donné son.. tu sais quoi.. régulièrement ? Le nombre de petits frères et sœurs que tu pourrais avoir..? - yes.. ça donne le tournis.. tu veux l’aide de la police sur ce coup la ? - pas pour l’instant.. même si.. - même si..? - même si j’adore collaborer étroitement avec les forces de l’ordre.. - ho.. I see.. on pourra collaborer de tres pres sur une autre affaire alors.. Miss.. » il lui fait un clin d’oeil, et elle rougit.. sur leur premiere « affaire » ensemble, au tout début.. il n’était que lieutenant et il l’appelait « Miss ». Il était bien plus.. agaçant que maintenant.. c’etait presque un petit con.. quand enfin, leur tour arrive, ils s’assoient devant le médecin : « mademoiselle et Monsieur De Saint - Martin.. c’est un plaisir de vous rencontrer.. que puis je pour vous..? » Diana sourit, mal à l’aise..: « hé bien.. heu.. nous.. nous souhaitons un autre enfant.. » elle lui tend son dossier medicale, qu’il lit rapidement.. la jeune femme l’observe.. de l’âge d’Hector, il avait les cheveux blanc, et des petites lunettes ronde.. il inspirait le respect.. la connaissance absolue.. elle se tortille sur son siege : « c’est la sœur de ma mère adoptive qui nous a conseillé de venir, on aimerait avoir un autre avis.. pour savoir si je suis vraiment.. infertile.. et si oui.. qu’est ce qu’on peut faire.. - ho, oui.. une dame charmante.. » . Il enlève ses lunettes : « je ne pense pas pouvoir vous donner un meilleur avis malheureusement.. vu vos échographies, votre.. enfant, était un miracle.. surtout apres un empoisonnement au cyanure.. c’est deja rare d’y survivre.. ça a eu un lourd impact sur votre fertilité.. votre reserve ovarienne est basse, mais pas encore inquietante.. c’est plutot au niveau du coktail des hormones que ça bloque.. mais la bonne nouvelle, c’est que si un enfant a pu s’accrocher et grandir, c’est qu’un autre peut être possible.. , peut être qu’on peut tenter quelques cycles de stimulations simples au cas ou.. pour esperer une grossesse naturelle.. ou passer directement à la fiv, avec les soucis de monsieur.. c’est possible.. vous fumez ? ». Blake sourit : « j’ai arrêté.. mais.. je prends encore beaucoup d’anti douleurs, pour.. une amputation récente.. est ce que ça peut poser problème..? - je vais vous prescrire un nouveau spermogramme, et un bilan sanguin complet.. à vous aussi mademoiselle.. nous repartirons sur des bases récentes comme ça.. ainsi qu’un examen.. je vais vous noter tout ça.. et on se revoit le mois prochain pour faire le point.. » le couple acquiesce.. en partant, le medecin sert la main du capitaine : « je ne sais pas si on vous l’a deja dit.. mais vous avez un air avec feu votre pere.. - c’est possible.. ». Une fois dans leur voiture, Diana soupire : « je ne le sens pas.. tu peux demarrer Guillaume.. - oui mademoiselle.. » Blake acquiesce : « je t’avoue que j’ai eu une drôle d’impression.. - il n’y a aucune preuve scientifique, que le cyanure ai pu me rendre infertile.. que ça ai provoqué la premiere fausse couche, oui.. évidemment, mais pour la fertilité ensuite.. peut être un peu au debut.. c’est surtout l’accouchement de Liam.. et tout les produits qu’il m’a fait avaler.. je trouve qu’il a vite conclut.. il nous a posé aucunes questions sur nos hygiène de vie.. à part pour le tabac.. - yes.. et il m’a devisagé tout du long.. c’était malaisant.. - ho oui.. mais c’est bon signe.. c’est qu’il voit peut être l’occasion de me refourguer tu sais quoi de tu sais qui au lieu du tient.. vu qu’il y a un air.. si j’accouche d’un clone de ce connard tout le monde dira que c’est le hazard de la genetique ! - yes.. ne t’inquiètes pas on iras pas jusque là de toute façon.. - oui.. il faudra le coincer avant.. de toute façon, si les tests disent qu’Edmond est ton frère.. c’est forcément qu’il a fait un échange.. - possible.. ou elle a couché avec Hector juste avant ou après.. - c’était pas du tout son genre.. - ma mère non plus, c’est pour ça qu’il a fait des inseminations à plusieurs personnes.. - moui.. ». Elle fronce ses sourcils et fait sa moue si mignonne.. il l’embrasse sur la joue : « ma fouinarde.. » elle rougit : « tu ne m’as pas appelé comme ça depuis longtemps.. - en ce moment je repense beaucoup à nos debut.. ça me rend nostalgique.. - Tu étais un vrai petit con.. » il rit : « yes.. - tu étais froid et hautain les premières fois.. presque meprisant.. - c’est vrai.. tu sais.. je repense aussi à Victor.. à quel point il était.. blindé.. tout ce qu’il a fait pour éviter que son pere fasse ses magouilles.. en laissant penser que c’etait lui le seul responsable.. j’ai faillit l’arrêter.. si il ne m’avait pas tout avoué.. - il aurait pu te tuer.. tu as eu de la chance qu’il t’appreçit.. - yes.. j’avoue que c’était un peu quitte ou double.. mais il aurait dû se débarrasser de Daniel et d’Alex aussi.. - c’était vraiment un immense enfoiré ! Rien que d’y repenser ! J’ai envie d’aller le gifler ! - tout ce dont je l'accusé.. les meurtres.. les réseaux de prostitutions.. c'était Hector.. tu te rappelles la lycéenne defenestrée dans la cour de son lycée ? Je pensais que le commissaire avait commandité le meurtre car un de ses amis était prof.. - oui - s'était la directrice.. elle était folle de notre.. geniteur.. - il avait quand même embauché Bastien pour me foutre la trouille.. mais oui.. le reste.. s'était son pere.. lui, il essayait de tout rattraper .. pas forcément de la bonne maniere.. mais.. ça a du être.. difficile pour lui.. je m'en veux surtout pour Cathe.. je l'a trouvais tellement... flippante.. elle était juste tres déprimé... - tu sais que j'ai revu Eglantine ? - ho.. la sœur d'Edmond et de Philippine..? - yes.. elle était revenue en coup de vent des "states", pour l'accident de Philippine.. elle n'est restée qu'une journee, le temps de venir au poste dire qu'elle n'avait jamais aimé son mari.. - elle a eu raison de prendre de la distance avec sa famille.." elle sourit tristement, et Blake l'embrasse sur la joue.. reparler de cette periode.. s'était toujours difficile pour elle.. s'était au cours d'une soirée avec Eglantine, Edmond.. et leur parent, sans Philippine qui avait préféré ne pas recroiser Diana.. qu'elle s'était faite agresser.. par Hector.. Gregory avait projeté de l'enlever pour la proteger de son pere qui l'avait repéré depuis quelques temps.. en demandant à Edmond de lui donner un verre avec une drogue dedans.. mais Hector, c'était introduit par une fenetre et avait essayé de profiter de la jeune femme.. heureusement, Victor était arrivé à temps, l'homme avait pris la fuite mais.. ensuite.. Gregory avait réussit à l'enlever.. c'est pendant son enlevement, que le capitaine avait decouvert le vrai visage de son superieur.. même si il ne lui avait pas avouer tout de suite pour son pere.. il ne savait pas encore qu'il enlevait.. violer.. tuer des femmes et des enfants pour avoir des heritiers..: " c'est derriere nous maintenant.. - oui.. enfin.. pas temps qu'on ne saura pas si ce docteur continue de perpetuer son œuvre.. - il faudrait en parler à Victor.. lui aussi il cherche encore.. - si Eddy est votre frère.. il faudra bien.. enfin.. Charly lui dira.. j'espere que j'aurais vite les resultats.. - on dit quoi pour notre escapade..? - la vérité.. qu'on réfléchit à un troisième.. et qu'on est allé voir une clinique..". Elle regarde sa montre..: " je vais aller travailler pour mon patron.. - bon courage.. Granny lui a parlé ce matin.. pour madame Crespin.. - elle était vraiment gentille.. je me souviendrais toujours de sa tête quand elle a débarqué chez Granny et qu'elle a gaffé pour elle et monsieur Jules.. - yes.. s'était une chouette voisine.. je l'aimais beaucoup..". Elle l'embrasse sur les lèvres.. jusqu'à ce qu'ils arrive au poste. Elle demande à son garde du corps d'aller lui faire quelques achats et monte dans le bureau.. elle entre sans frapper mais en fermant les yeux : Je peux les ouvrir ? " Tu peux frapper, sinon… — Je suis comme Simon… trop impulsive pour attendre qu’on me dise d’entrer. — Vraiment ? Je n’avais jamais remarqué… Vous seriez de la même famille ? Elle rit, puis s’interrompt en le voyant se renfrogner. — Haha… vous avez l’air chiffonné… J’ai fait quelque chose ?" Il observe son visage inquiet. Il a toujours aimé ses expressions : parfois terriblement sexy, parfois naïves, parfois franchement dégoûtées. Elle exagérait souvent ses réactions — sans ça, son autisme la rendait presque impassible. Il se surprend à la regarder comme autrefois. Pour une fois, elle a troqué ses vêtements informes contre un jean, un haut soigné, une veste élégante. Elle a changé. La petite assistante de vie rousse au regard brûlant et à la langue trop pendue a grandi. Évolué. Mais il en est sûr : sa protégée reste aussi téméraire qu’avant. Il se lève et lui caresse la joue. " Tu n’as rien fait. Je suis juste agacé… La grand-mère de William est passée. Elle veut que j’enquête sur le décès de sa voisine. — Ce n’était pas juste sa voisine… c’était son amie." Sa voix tremble, ses yeux s’embuent. "Elle était… si gentille." Elle se détourne pour cacher ses larmes. Elle déteste être submergée, mais cette fois c’est plus fort qu’elle. Victor pose une main sur son épaule. "Diana… tu pleures ? — Non." Il l’attire contre lui. "Tu l’aimais bien ? — Oui… et puis elle était en bonne santé. Jamais malade, jamais même un rhume. C’est tellement triste… Je ne l’ai vue qu’une fois, avec Will et les enfants. Je n’ai jamais pris le temps d’y retourner…" Elle essuie ses joues du revers de la manche. — Pourquoi elle vous a demandé d’enquêter ? — Elle pense à un meurtre. Diana mord sa lèvre. — Vous croyez qu’il peut y avoir un lien avec le père de votre ami ? — Je ne sais pas. Ce n’est pas le même endroit… mais je vais tirer ça au clair. Un silence, puis elle hésite. — Est-ce qu’on pourrait dîner avec Cathe un soir ? Juste nous quatre… avec Alex. — Bien sûr. Elle serait ravie. Mais pourquoi ? — Parce que… je sais que son rêve, c’était une vie de famille normale. Sortir au restaurant sans les regards lourds, sans les crises d’Aliénor. Maintenant que je suis sa fille… je me disais que ça lui ferait plaisir." Il la regarde avec douceur. "Tu sembles très triste aujourd’hui. — Peut-être…" Il insiste doucement. "Il n’y a pas que ça, n’est-ce pas ?" Elle soupire. " Je m’en veux. Je parlais avec William d’Églantine… et puis de vous. De vous avant. Quand vous faisiez exprès de passer pour un ripoux détestable. J’ai repensé à Cathe… je l’avais trouvée bizarre, alors qu’elle était juste dépressive. Et puis à cette soirée… celle où tout a commencé. Je crois que je suis un peu perturbée. Et le rat m’a empêchée de dormir." Il baisse les yeux. " Je ne suis pas fier de cette période. J’étais nerveux… à cause de mon père. Je doutais même qu’Alexis soit mon fils. Je buvais trop. J’essayais de rester normal tout en jouant ce rôle. — Je vous ai tellement détesté pour l’église brûlée… jusqu’à ce qu’on découvre qu’elle allait s’effondrer sur les HLM. — L’ancien maire et l’évêque refusaient de la détruire. Trop cher. Ils auraient laissé mourir des gens. J’ai réglé le problème. — Vous auriez dû le dire. Ne pas rester seul… comme avec Cathe." Elle le frappe doucement au torse. " J’avais envie de vous gifler ! William allait contacter l'IGPN ! vous auriez été en prison !" Il attrape ses mains et les embrasse. " J’aurais tout expliqué. — J’ai eu tellement honte quand vous nous avez tout avoué. — Je sais. J’étais un sale con… et je te désirais en culpabilisant.. parceque je ressentais des choses pour toi.. je ne savais pas si c'était du désir ou de l'amour déjà un peu... paternel — Moi aussi, je culpabilisais. J’avais peur de vous. Mais vous étiez… humain, parfois. — J’ai des ennemis. J'avais un père dangereux. Je fais parfois le ménage avec des méthodes discutables… mais j’ai des limites." Elle se blottit contre lui. " Vous faisiez peur… mais parfois, c’était rassurant. — Je ne t’aurais jamais fait de mal. Ni à ton chat. — Vous aviez intérêt." Elle retourne à son bureau. Sa boîte mail déborde. "De la poussière en haut des meubles… "mais qui regarde là-haut ?! — Offre-leur un massage à la prochaine visite, ils se calmeront. — Je déteste faire ça… mais je n’ai pas le choix." Il sourit. " Je peux m’en charger. — Non. Et n’oubliez pas : vous avez un rendez-vous galant ce soir. Rentrez tôt pour la douche. — Avec qui déjà ?" Elle lève les yeux au ciel. " Elle s’appelle Célestine… elle a…" Elle s’interrompt, lui lance un regard noir. "Tsss… vingt-trois ans. Vous l’avez rencontrée à un vernissage la semaine dernière. Soyez gentil avec elle. Ne partez pas comme un goujat, sans explications. — Je ne m’en souviens pas… mais ce sera peut-être une bonne surprise. — Vous êtes vraiment… je n’ai pas les mots. — Me suis-je déjà comporté comme un goujat ? — Je ne vous ai pas fréquenté assez intimement pour répondre." Il esquisse un sourire. "Tu sais… ça peut toujours s’arranger, mon ange. J’ai un peu de temps devant moi." Elle lui lance un crayon, qu’il évite de justesse. " Vous aviez promis ! — Je n’ai pas pu résister, la perche était trop grosse. — Pas comme votre bite. Gardez vos réflexions douteuses." Elle se lève en grimaçant. "Je vais au manoir. Vous m’empêchez de travailler. — Je fais toujours cet effet-là." Elle retient un cri d’exaspération et quitte la pièce. Il rit, satisfait… puis se ravise. Il commande rapidement des fleurs pour s’excuser. Un peu plus tard, il reçoit son fils. Maintenant qu'il était sur que Diana ne reviendrait pas dans leurs pattes.. " Du nouveau ? — On a creusé le cambriolage, mais rien ne relie Aïcha à ça. — Sa famille ? — Naïma a réussi à les retrouver. C’est elle qui traduit. Aïcha était venue en France pour envoyer de l’argent : sa mère est malade, là-bas les soins coûtent cher. Ils sont sans nouvelles depuis trois semaines. Dernier virement le 5… depuis, plus rien. — Hum…" Dans la voiture, Guillaume sourit malgré lui. Sa patronne fulmine à côté. " Il m’agace quand il fait ça ! Je déteste ses sous-entendus ! Ça m’énerve ! Et dire que j’étais sentimentale juste avant… tu parles." Elle s’enfonce dans le siège." " Dis… Jeff est au manoir ? — Oui. C’est l’heure du sport. — Parfait. J’ai besoin de lui parler. Tu peux occuper les autres ? — Heu… — Pas pour coucher avec lui. — Ah. Bon. — C’est pour le rat." Au manoir, après s’être changés, ils se dirigent vers la salle de sport. Guillaume se maudit de rougir : elle a troqué sa tenue habillée contre un ensemble de sport beaucoup trop moulant. Elle pousse la porte en se cachant les yeux. Les hommes de Victor s’arrêtent, surpris. La salle de sport n’a jamais été son endroit préféré. Son garde du corps se racle la gorge…": " C’est bon… aucun n’est nu, mademoiselle. — Ouf… enfin… heu… ce n’est pas que vous êtes moches, hein, mais… bref." Elle traverse la pièce, suivie de son beau-frère, direction les tapis. À côté des autres, elle ressemble à un moineau tombé par erreur dans une salle réservée aux gorilles. Il lui tend une corde à sauter. " Échauffement. — Je déteste déjà cette idée." Elle saute. Deux secondes. S’emmêle. Rattrape de justesse sa dignité. Les autres échangent des regards amusés. Après l’échauffement, ils passent au combat. Combat est un bien grand mot. Les hommes regardent, hilares, leur collègue faire tomber avec une précaution presque excessive sa patronne, qui atterrit comme une crêpe mal retournée. "Tu pourrais me laisser gagner… Après tout, t’es mon garde du corps. Je suis pas censée savoir me défendre, puisque tu me protèges. — Pas faux." Elle se jette soudain sur lui, pleine de bonne volonté. Il fait un pas de côté. Elle disparaît. Les tapis, manifestement trop étroits pour contenir tant d’élan inutile, la laissent chuter de tout son long. Elle rougit en entendant les rires étouffés autour d’elle. "J’ai mal… À ma dignité." Il l’aide à se relever comme on soulève un sac de plumes. Elle le frappe mollement au bras. " Un jour, je te battrai. — J’attends ce jour avec impatience, mademoiselle." Un peu plus tard, elle s’échappe vers la salle d’eau attenante pour boire, s’éponger… et surtout pour aborder Jeff. Il boit tranquillement une boisson protéinée. Son tee-shirt est à peine humide. Il transpire jamais, ce type ? Elle jette un œil au sien, trempé. " Beurk." Elle comptait jouer la carte de la séduction s’il refusait… mais là... Il sourit, sentant son regard. " Tout va bien, mademoiselle ? — Heu… j’ai mal aux fesses." Il cligne des yeux. " Enfin… parce que je suis tombée dessus. Le coccyx. Rien de glamour. — Je vois. Alors… qu’est-ce que je peux faire pour vous ?" Elle baisse la tête, soupire, tord ses mains. " Est-ce que vous pourriez m’aider… ? — Ça dépend comment." Il se souvient malgré lui de sa silhouette frêle, de cette impression constante qu’un geste trop brusque pourrait la casser. Il espère presque qu'elle ai besoin d'un amant... " Est-ce que vous pourriez m’hypnotiser ? Comme après ma fugue… quand vous m’avez aidée à me souvenir. — Je ne sais pas si je saurais refaire ça. Vous étiez déjà dans une sorte de transe. Je vous ai juste guidée. — Je sais que le rat veut me dire quelque chose. Je l’entends, je le vois, j’en rêve. Il faut juste m’aider à replonger dans la scène. J’ai confiance en vous. — Ce n’est peut-être pas prudent. — Ça pourrait aider l’enquête. Je suis sûre que j’ai vu quelque chose. Et je promets d’en parler au commissaire. Si c’est concluant. Et puis… ça ne coûte rien d’essayer." Il hésite. Elle fait la moue. Celle qui fait plier absolument tout le monde, même des types capables de casser des mâchoires à mains nues. " S’il vous plaît… juste une fois. Le commissaire serait d’accord, c’est lui qui m’a dit de venir vous voir. Avec vous, je suis sûre que j’y arriverai. J’en ai encore rêvé cette nuit… j’ai hurlé, j’ai réveillé Angy." Il soupire. Il n’aime pas la voir ainsi. Et elle a ce don terrible d’être beaucoup trop attachante. " À une condition. Que monsieur soit au courant." Son visage s’illumine. Elle l’embrasse sur la joue. " Merci ! — Ne me remerciez pas trop vite. — Est-ce qu’on peut faire ça ce soir ?" il acquiesce et ils rejoignent les autres. À peine arrivés, Diana comprend qu’ils sont déjà en retard. Guillaume est en train de se défendre contre Carl et Alan. Deux contre un. Franck, Khaïs et Henry — le palefrenier, occasionnellement garde du corps très dissuasif — ont formé un cercle improvisé… carnet de paris à la main. Diana écarquille les yeux. Elle savait que l’ancien policier savait se battre. Il l’entraînait, certes moins sévèrement qu’Alex ou Simon, mais tout de même. Cependant, elle ne l’avait jamais vu comme ça. Jusqu’ici, sa carrure suffisait à faire fuir les emmerdeurs. Là, il bougeait vite. Trop vite. Il encaissait. Ripostait. Esquivait. Les deux hommes avaient du mal à le mettre KO. Pourtant, ils étaient plus forts. Plus expérimentés. Surentraînés. " …Whoua," murmure-t-elle en s’agrippant au bras de Jeff. "Vous l’avez vraiment bien entraîné. — Évidemment," répond-il calmement. " Mademoiselle s’attirant souvent des ennuis… un garde du corps bien entraîné était indispensable. — Je ne vois pas de quoi vous voulez parler." Il esquisse un léger sourire. Sa moue boudeuse — toujours aussi irrésistible. Un choc plus v*****t que les autres résonne. Guillaume projette Alan au sol, puis Carl juste après. Un silence tombe. Diana ouvre la bouche pour s’exclamer… Quand un applaudissement lent, provocateur, fend l’air. " Bravo… voyons voir si tu as encore assez d’énergie pour moi." Elle soupire, sans même se retourner vers le nouvel arrivant... " Oh non… bon. Pour une fois que ce n’est pas après moi qu’il en a… — Je m’occupe de toi après, mon ange." Elle gémit, puis lance un regard plein d’espoir à son beau-frère : "DÉFONCE-LE, GUILLAUME !!" Guillaume s’essuie le visage avec une serviette, sourit nerveusement à son demi-frère. "À vos ordres, mademoiselle." Victor enlève sa chemise. Ses poings craquent lentement. " Je sens qu’on va s’amuser." Les hommes commencent immédiatement à parier. Claquement de billets. Commentaires graveleux. Pour l’instant, Diana est la seule à croire en son garde du corps. "Je peux payer en plusieurs fois s’il perd…?" Alan sourit, carnassier. "Mademoiselle n’aura qu’à faire des heures supplémentaires auprès de son patron…" Elle grimace, puis crie : " VAS-Y !! Je suis sûre que tu peux battre CET ENFOIRÉ !!" Elle porte ses mains à sa bouche. " Oups… je me laisse emporter…" Le combat est brutal. Victor ne retient pas ses coups. Guillaume non plus. Depuis le temps que le commissaire voulait lui faire payer sa misérable participation au kidnapping… Chaque impact est chargé de rancœur. " HÉ !! " proteste Diana en fermant les yeux . " C’est pour de faux !! Ne l’abîmez pas !!" Victor ricane, sans quitter Guillaume des yeux. " Ne t’en fais pas, mon ange…Je t’en rachèterai un neuf. Les occasions, c’est de mauvaise qualité." Guillaume se jette sur lui. Ils tombent au sol dans un fracas sourd. Les encouragements fusent. Mais le temps passe. Longtemps. Trop longtemps. Les coups deviennent plus lents. Les respirations plus lourdes. Diana gémit en voyant le sang couler. " C’est rien de méchant," tente de la rassurer Jeffe. " Rien de méchant ?! Ils vont se tuer à ce rythme !! — Guillaume passe un test, mademoiselle. — Un test…? — Affronter le patron. S’il tient jusqu’au bout sans abandonner… il est digne de confiance." Elle soupire, puis se remet à encourager : " VAS-Y GUILLAUME !! TU PEUX LE FAIRE !!" Mais l’attente s’éternise. Les hommes finissent par s’asseoir. Franck bâille. Khaïs joue avec une pièce. Henry s’appuie contre un mur, bras croisés. Diana se laisse tomber sur le dos. " Mes enfants ont dû m’oublier depuis le temps…" Elle fixe le plafond. " Je m’ennuie…" Alan sourit. "Mademoiselle veut s’entraîner…?" Elle se redresse instantanément. " Je ne m’ennuie plus." Rires autour. Finalement, des râles se font entendre. De frustration. De déception. Les deux demi-frères sont toujours debout. Toujours aussi têtus. Aucun ne veut céder. Mais ils sont trop épuisés pour continuer... Diana se relève avec l’aide de Jeff. " Merci… bon ? C’est fini ?" Elle brandit sa bouteille d’eau. "Je dois vous arroser avec ?" Victor accepte la main de Carl. "Je me contenterai de boire… merci, mon ange. — Beurk… vous saignez !" Elle tend la main à Guillaume, tire… rien. " Bravo ! Je savais que t’allais gagner ! — Match nul..." proteste Franck. "Vous disiez qu’il allait perdre. Moi j’ai dit qu’il ne perdrait pas. — Il n’a pas perdu. — Donc j’ai gagné." Victor éclate de rire et aide Guillaume à se relever. " Allez Franck… Donne-lui son argent. Je te rembourserai sur ta paye, sinon elle va en parler toute la soirée." Elle hausse les épaules, innocente. "Je n’y peux rien si je fais attention aux mots utilisés." Elle se tourne alors vers Jeff, un sourire faussement innocent aux lèvres, la voix suave... sensuelle... : " Souhaitez-vous faire cela dans votre chambre ou la mienne ce soir ?" Jeff se fige. Littéralement. Ses épaules et sa mâchoire se crispent une fraction de seconde, comme si son cerveau venait de dérailler. Il ouvre la bouche… la referme… jette un coup d’œil paniqué à Victor, puis à Diana, qui soutient son regard avec un calme beaucoup trop maîtrisé. " comme vous voulez… " bredouille-t-il finalement. " Dans la vôtre alors, " reprend-elle aussitôt. "C’est plus neutre." Elle marque une pause, puis ajoute, l’air songeur : " Sinon… le salon. Je m’y sens bien aussi... l'ambiance est plus propice à la... détente.." Jeff devient rouge jusqu’aux oreilles. Il baisse les yeux, se racle la gorge. Victor, lui, arque lentement un sourcil, clairement amusé par la scène. Diana embrasse son père adoptif sur la joue avant de lancer, par-dessus son épaule : e Si vous voulez, vous pourrez venir regarder..." Elle s’éclipse en ricanant, laissant derrière elle un silence lourd… et Jeff en pleine combustion interne. Il sent le regard de Victor peser sur lui. Très lourdement. " Elle veut que je l’hypnotise," lâche-t-il trop vite. Il relève aussitôt la tête, conscient que sa réponse sonnait comme une défense anticipée. " Pour le rat. Rien d’autre." Victor esquisse un sourire lent : " Oui… je me doutais bien qu’elle ne nous proposait pas un plan à trois." Jeff déglutit. Ses oreilles brûlent. " Évidemment que non, monsieur ! — Même si tu n’aurais pas été contre, si j’en crois ta tête" ajoute Victor avec un calme cruel. Jeff passe une main sur son visage, mortifié. " Monsieur..." Victor laisse échapper un petit rire avant de se diriger vers les douches, visiblement ravi. " Allez, détends-toi. Elle adore te mettre mal à l’aise... et j'avoue que moi aussi...". Jeff reste seul un instant, soupire profondément… puis marmonne pour lui-même : " Elle va me tuer à petit feu… " Plus tard ce soir-là, après le dîner à quatre, Alexis frappe à la porte de la chambre de son oncle. " Salut… paraît qu’il te faut un kiné ? Guillaume lève à peine les yeux. " Je vais m’en remettre." La porte s’ouvre quand même, et Alexis entre sans se gêner, un sourire en coin accroché aux lèvres, déjà beaucoup trop sûr de lui. " Oh allez, tonton… fais pas ton dur. À la tête que tu tires, on dirait un vieux boxeur en fin de carrière." Guillaume souffle, amusé malgré lui. "J’ai connu pire." Alexis s’approche, observe ses épaules comme un expert autoproclamé, puis ajoute avec un air faussement sérieux : " T’inquiète, je vais pas te tripoter." Il marque une pause calculée. " Enfin… pas plus que nécessaire." Son oncle lève un sourcil. "Très rassurant... tu m'étonnes qu'on t'ai renvoyé de ton école de kiné... - c'est moi qui suis partie, nuance... c'était pas pour moi.." " Et puis bon, " reprend Alexis en haussant les épaules : " t’as mis des sacrées droites à mon père. Je te dois bien un massage de remerciement… ne serait-ce que pour équilibrer le karma familial. — Je croyais que vous vous entendiez bien maintenant… ? " demande t il . Alexis ricane doucement. " Vite fait." Il tapote l’épaule de son oncle. " Disons qu’on est dans une période “cessez-le-feu armé”... on le fait pour Didi et Cathe surtout..." Il s’installe déjà derrière lui, se frotte les mains comme un gamin prêt à faire une bêtise. " Allez, enlève le haut. Promis, si tu cries, je dirai que c’est l’ostéo qui t’a fait ça." Guillaume secoue la tête, mi-résigné, mi-amusé. " Vous êtes tous insupportables dans cette famille. — Ouais… mais avoue que tu nous aimes bien quand même.". Pendant ce temps, Diana était avec Jeff, Victor et William.. allongée contre son compagnon, elle respire, et écoute le garde du corps..
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