XIIPierre, revenu de chez le prince André, à Gorky, ordonna à son domestique de tenir ses chevaux prêts pour le lendemain matin, de le réveiller à la pointe du jour ; puis il s’endormit aussitôt dans le coin que Boris lui avait obligeamment offert. À son réveil, l’isba était déserte, les petits carreaux des fenêtres tremblaient, et son domestique le secouait pour le réveiller. « Excellence, Excellence ! répétait-il avec insistance. – Quoi ?… Qu’y a-t-il ?… Est-ce commencé ? – Écoutez la canonnade, dit le domestique, qui était un ancien soldat ; tous sont partis depuis longtemps, même Son Altesse. » Pierre s’habilla à la hâte et sortit en courant. La matinée était belle, gaie, fraîche, la rosée brillait ; le soleil, déchirant le rideau de nuages, lança par-dessus le toit, à travers les


