II

1222 Mots

IIPierre quitta Mojaïsk le matin du 6. Arrivé au bas de la rue abrupte qui mène aux faubourgs de la ville, il laissa sa voiture en face de l’église, située à droite sur la hauteur, et dans laquelle on officiait en ce moment. Un régiment de cavalerie, précédé de ses chanteurs, le suivait de près ; en sens opposé montait une longue file de charrettes emmenant les blessés de la veille ; les paysans qui les conduisaient s’emportant contre leurs chevaux, et, faisant claquer leurs fouets, couraient d’un côté à l’autre de la route ; les télègues, qui contenaient chacune trois ou quatre blessés, étaient violemment secouées sur les pierres jetées çà et là qui représentaient le pavé. Les blessés, les membres entourés de chiffons, pâles, les lèvres serrées, les sourcils froncés, se cramponnaient aux

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