CHAPITRE XLOrdonnance du docteur Noir– SÉPARER LA VIE POÉTIQUE DE LA VIE POLITIQUE. Et pour y parvenir : I. Laisser à César ce qui appartient à César, c’est-à-dire le droit d’être, à chaque heure de chaque jour, honni dans la rue, trompé dans le palais, combattu sourdement, miné longuement, battu promptement et chassé violemment. Parce que l’attaquer ou le flatter avec la triple puissance des arts, ce serait avilir son œuvre et l’empreindre de ce qu’il y a de fragile et de passager dans les évènements du jour. Il convient de laisser cette tâche à la critique du matin, qui est morte le soir, ou à celle du soir, qui est morte le matin. – Laisser à tous les Césars la place publique, et les laisser jouer leur rôle et passer, tant qu’ils ne troubleront ni les travaux de vos nuits ni le repos


