CHAPITRE 18 Lucile Versoye et ses amis rêvaient eux aussi de se fondre dans la foule bariolée des promeneurs qui arpentaient la jetée et la digue en ce samedi 8 octobre anormalement chaud et ensoleillé sur ce littoral que des tempêtes automnales copieusement arrosées balayaient habituellement à pareille période de l’année. Octobre 2011 dérogeait à la règle : la pluie étalait ses immenses traînées sur le Midi, le soleil trônait au Nord, d’invisibles vaches célestes pissaient sur la Côte d’Azur alors que les refoulés reluquaient à loisir les femmes effeuillées sur le sable fin et lustré de soleil de la Côte d’Opale, il tombait des hallebardes et pleuvait des cordes sur la promenade des Anglais – une véritable fête à la grenouille – tandis que la bière coulait à flots des pompes, miroitant d


