– Oh ! il est très beau joueur. – Je n’en doute pas, mais c’est facile quand on gagne toujours. Je voudrais le voir perdant une grosse somme. – Eh bien ! essaye de la lui enlever. – Tu oublies que je n’ai pas touché une carte depuis que je suis magistrat. Ma grandeur m’attache au rivage. – C’est précisément pour cela que tu dois être heureux au jeu. – Comme le sont les maris trompés, dit en riant le juge d’instruction. Pardon, ma chère Odette, reprit-il, dès qu’il vit sa femme froncer le sourcil. La mésaventure de notre ami m’a brouillé les idées. Mais qu’as-tu ?… Est-ce que tu es souffrante ? – Oui… vos causeries m’ont donné la migraine, et je sens que j’ai grand besoin de repos. – Alors, nous n’avons rien de mieux à faire que de te laisser seule, car nous aurions beau nous observ


