Il recule d’un pas, mais le soupir devenu grognement se renouvelle plus près encore. Soudain, il sent deux mains s’accrocher à ses vêtements et le juron qu’il connaît bien, « Der Teufel », lui claque dans la figure. C’est Kirchbach, revenu lui aussi de sa commotion et qui, à tâtons, comme un homme ivre, titube dans les ténèbres. Le petit Bernard essaye de se dégager, mais le « sergeant » prussien le tient bien et dans sa demi-hébétude où il se trouve encore, n’a rien perdu de sa force : il faudrait pour lui résister la poigne de Marquot, et le petit Bernard est surtout doué de vigueur morale. Les quarante heures qu’il vient de passer sans sommeil l’ont d’ailleurs considérablement affaibli ; il ne se soutient plus qu’avec ses nerfs et il a juste la force d’attirer son adversaire en arri


