Ha MazanJean-Pierre Berckmans Cela faisait sept heures que nous filmions le plafond du Théâtre Amazonas, c’est-à-dire l’opéra de Manaus. Ce qui fascinait Sochbieski, le réalisateur polonais, était la volonté du décorateur français de représenter la tour Eiffel vue d’en dessous. Les riches planteurs de caoutchouc étaient ravis : ils avaient leur opéra en marbre de Carrare, leurs lustres en verre de Murano et au-dessus de leur tête, le symbole de la modernité : le symbole boulonné de la tour la plus haute du monde. Nous tournions le film en relief et j’étais le « stéréographe », je m’occupais donc du relief, on disait la 3D pour résumer le processus complexe de la convergence des prises de vues à deux caméras parallèles qui nécessitaient des réglages incessants. Le principe était que l’on


