Vittorio resta sans voix, le téléphone glissant de sa main et tombant sur le tapis. Il la fixait, incapable de comprendre sa présence après des mois de silence. Les yeux bruns d’Ellis avaient le même éclat — obstiné, fort, provocateur. Mais il y avait autre chose. De la fatigue. De la nostalgie. Une douleur qui faisait écho à la sienne. « Je… toi… comment ? » Ellis mordit le coin de sa lèvre, un geste nerveux qu’elle faisait lorsqu’elle voulait s’excuser sans savoir comment. Elle leva la bouteille. « Ce n’est pas tous les jours qu’une femme fait irruption dans l’hôtel de son propre mari pour voir s’il se souvient encore comment boire un Barolo comme un gentleman. » Vittorio recula d’un pas, la laissant entrer. Elle passa à côté de lui, portant ce parfum boisé qui le désarmait toujours.


