Louane Dès que je comprends que je suis la proie, je me débarrasse de ma cape. Je dévie brusquement de ma trajectoire, priant pour que les loups ne soient pas encore assez proches pour m'avoir vue. Avec un peu de chance, je peux peut-être les distancer, ne serait-ce qu'un instant. J'abandonne aussi la lanterne. La lune est une lame de lumière si vive que je distingue la forêt sans peine, et l'épaisseur de la neige amortit mes pas, m'évitant de trébucher sur des pierres ou des racines. Je relève les pans de ma robe à deux mains et je cours. Je cours comme jamais je n'ai couru. J'aperçois un ruisseau étroit sur ma droite. Un flot d'eau serpente entre les berges, libérant une vapeur épaisse dans l'air glacé. Je comprends que cette eau doit être thermale, comme les bassins près du cercle de


