38

2568 Mots
Partie 38 : Je me retournais doucement en posant la main sur mon cœur, je fermais les yeux par la suite en prenant une grande respiration avant de les ouvrir à nouveau... - Ma petite princesse… Prononça Mr Antoine en prenant sa fille dans ses mains, cette dernière ne cessait de pleurer en demandant pourquoi. Dieu merci il eut plus de peur que du mal, Lovery avait tiré deux fois en l’air et les balles trouvèrent refuge dans le plafond. Je me laissais glisser contre le mur, complètement à l’Ouest, désorientée mais surtout dépassée par les évènements, je ne comprenais rien à ce qui m’arrivait, au cours que prenais ma vie et aux situations dans lesquelles je me retrouvais. - Allons-nous en… Dit-il en prenant sa fille dans ses bras sans oublier d’arracher le révolver des mains de cette dernière. Ils se dirigèrent tous le deux vers la sortie, l’un dans les bras de l’autre sans me jeter un seul regard. J’attendis qu’ils sortent complètement de mon appartement pour me relever et verrouiller la porte. Doux Jésus ! A quoi venais-je d’assister ? A quoi !? Je ne sais plus à quand remonte la dernière fois que j’ai été en paix et j’ignore pourquoi tout cela m’arrive, je l’ignore. C’est avec un esprit divaguant que je pris place sur le canapé, je ne savais plus où donner la tête mais surtout… Je me sentais seule, si seule, vers qui pourrais-je maintenant me tourner ? La seule amie qui me restait et qui a été vraiment présente pour moi, vient de me quitter, sans oublier le fait qu’elle ait voulu me tuer. Que dois-je faire maintenant ? Vers qui me tourner ? Le désespoir m’envahit et la tristesse m’étreint le cœur, j’essaye de composer le numéro d’Amandine mais il sonnait occupé, celui de maman également, je ne savais plus qui joindre, j’avais besoin de me vider, de parler, de pleurer… - ‘‘Mon Trésor’’, vois-tu ce qui arrive à maman ? Ressens-tu ma peine ? Ma douleur ? Ma tristesse ? Me comprends-tu seulement ? Si oui, alors aide moi, aide maman, parle-moi, dis-moi que tu es là, que je ne serai jamais seule, que je ne serai plus jamais seule car tu seras toujours là pour moi. Vous me trouveriez surement folle de parler ainsi, de parler à un être qui n’était même pas encore né, mais le fait de savoir qu’il était en moi me donnait la force, la certitude que je n’étais pas seule, du moins je ne l’étais plus. Je portais en moi un être, une vie, mon enfant et je n' avais plus que lui qui comptait à mes yeux, quitte à tout perdre pour lui je le ferai, nous étions désormais plus que deux, ‘‘Lui et moi contre ce monde’’… La sonnerie de mon téléphone me sorti de mon sommeil, j’avais fini par m’endormir au salon et je sentais déjà quelque courbature dû à la position dans laquelle j’avais dormi. Je portais un regard rapide à l’horloge qui affichait dix heures du soir avant de porter un regard à mon écran afin de voir de qui provenait l’appel. Mr Antoine, affichait l’écran de mon téléphone portable. Je décrochais malgré moi, mais je sentais au plus profond de mon être que je devais être forte. Forte ? Pour quoi encore ? La peur m’étreint à nouveau, quelle nouvelle allait encore me tomber là ? ‘Sois forte, pour toi, mais surtout pour lui.’ Oui je me devais d’être forte pour mon bébé, c’est fini la Chancia pleurnicheuse, la Chancia fragile, la Chancia qui comptait toujours sur le soutien des autres. J’allais donner naissance dans moins de cinq mois et je devais me forger pour cet enfant qui naîtra. Afin d’être une source de vie pour lui, je devais apprendre à me battre contre la vie, que de pleurer sans cesse en criant au désespoir. Lovery avait bien tenu une arme pour attenter à ma vie, à moi de prendre les miennes pour franchir les différents obstacles qui se présenteront à moi. Oui, je serai forte et ça quoi qu’il arrive. - Allô ! Répondis-je après le troisième coup de fil. - Bonsoir Chancia. Répondit Mr Antoine. - Bonsoir. Répondis-je sèchement. - Je ne vais pas être long. Je tenais juste à m’excuser pour tout ce qui c’est passer dernièrement. Pour le comportement de Lovery, je ne sais pas ce qui l'a prise mais je viens m’excuser pour elle. Pour la façon dont-elle à réagit. - Ecoutez, Lovery n’est en rien coupable dans tout cela ! Le seul vrai coupable c’est vous ! Et moi… Oui, je suis aussi coupable dans cette affaire, mais que de mentir à votre fille vous auriez pu lui dire la vérité afin d’éviter la désastreuse scène de ce matin ! Tout mon voisinage a voulu alerter la police mais j’ai dû mentir que ces coups de feu provenait de la télévision que j’avais laissé à fond. - … - Vous ne devez-vous en prendre qu’à vous, tout ceci aurait pu se passer autrement si vous aviez eu ne serait-ce que le courage de tout dire à votre fille. - … Lovery me détestera si je le fais, je… Je ne pourrais plus jamais la regarder dans les yeux après cela… - La faute à qui !? Vous ai-je un jour demandé de faire ce que vous aviez fait !? - Je te dois également des excuses Chancia, mais… Je… Je ne sais pas ce qui m’avait pris… - Pardon ! Allez-vous faire soigner monsieur Antoine ! Allez le faire ! - C’est déjà le cas, je vois un psychiatre depuis deux ans déjà… Cette dernière phrase suscitait des questions en moi ; C’est moi ou je tombe toujours sur des malades ? J’attire les fous ou quoi ? Je ne savais plus quoi penser de cette dernière révélation. J’avais l’impression que mon problème était plus grave que je ne le pensais. Avais-je été ensorcelée ? Fétichée ? Comment se fait-il que j’attire toujours les hommes, comme j’attire les ennuies ? Oh Mon Dieu que m’arrive-t-il ??! - … Chancia ? … Chancia tu m’entends ? - oui, je vous écoute… Répondis-je complètement sonnée. - hum. Inspira-t-il. Je dois tout arrêter. - Tout arrêté comment ? Demandais-je. - Je… Je ne pourrai plus rien te payer, que ce soit les frais de consultation, d’hospitalisation, du trousseau du bébé en claire je ne pourrai plus m’occupé de ‘‘ vous ’’. SACRILEGE ! - Par… Pardon !? M’écriais-je. - Je le fais sous la demande de Lovery, elle veut bien ‘‘vous’’ laissez en vie si je décide de tout arrêter, de couper tout lien avec toi ainsi qu’avec l’enfant que tu attends. Tout est de ma faute je le sais mais je ne veux pas perdre ma princesse. Je… Hum. Inspira-t-il de nouveau. Elle menace d’engager des tueurs professionnels pour te ôter la vie si jamais je refusais de couper tout lien avec toi et avec notre enfant… - … - Je suis désolé mais c’est pour votre survie que je fais cela. Je vais essayer de payer pour toute l’année mais je demanderai à ma sœur d’effectuer la transition car Lovery surveille d’ores et déjà mes transactions ainsi que mon compte bancaire, je suis impuissant face à cette situation, je n’ai d’autre choix que de coopérer… - Vous n’avez d’autre choix !? Que dites-vous !? Non mais je rêve ! Le choix vous l’avez ! Celui d’avouer toute la vérité à votre fille... - Je ne le ferai JAMAIS ! Tu entends ! JAMAIS ! S’écria-t-il. J’arrivais à peine à en croire mes oreilles, comment allais-je faire ? Comment ? Papa ne m’aidait plus, fautes d’absence j’avais perdu le petit boulot que j’effectuais au Francprix, les revenus de maman suffisaient à peine pour payer le loyer, le reste je comptais sur monsieur Antoine mais une fois de plus la vie me prouvait que je ne pouvais compter que sur soi. - Je… Je ne sais quoi dire. Balbutiais-je presque. - Il n’y a rien à dire demoiselle, nous n'avons d’autre choix que d’accepter, je fais ceci pour votre bien, pour la survie de mon descendant. J’ai failli oublier, je quitte la France, je rentre chez moi en Italie, vous ne me reverriez surement jamais, tâchez de prendre soin de vous et de notre enfant. - Je… Soit forte, soit forte, soit forte, pour lui, pour toi, surtout ne pleure pas, ne flanche pas, bats-toi. Ne cessais-je de me répéter en boucle, bats-toi, pour lui, pour toi. Oh Dieu, pourquoi tant de péripéties ? Pourquoi ?!! - Richard, je veux que mon enfant porte mon nom, je vous laisserais une copie de mon acte de naissance, mais de grâce donnez mon nom à cet enfant. Je sais qu’après tous ce que je vous ai fait je ne mérite en rien cela mais je vous en conjure, donnez mon nom à cet enfant, qu’il sache que je suis Franco-Italien, que j’ai été mannequin, dites-lui le peu de chose que vous savez sur moi tout en spécifiant le fait que je sois mort, dans vos vies, dans vos cœurs… - Pour moi vous le seriez toujours, un être mort ! Dis-je avec mépris. Vous n’avez jamais existé que ce soit dans ma vie, ou dans mon cœur ! Que votre malade de fille et vous alliez bruler en enfer ! Je n’ai nullement besoin de votre aide ! Et JAMAIS vous m’entendez, JAMAIS mon enfant ne portera votre nom ! JAMAIS ! C’est sur cette dernière phrase que je raccrochais, mon Dieu dis moi que je rêve ! Si oui, alors réveille moi, je veux me réveiller je t’en supplie, REVEILLE MOI ! M’écriais-je avant de fondre en larme. Malédiction, je suis donc maudite ! Pourquoi hein !? Pourquoi !? Moi qui essayais toujours de prendre la vie du bon côté, comment devais-je faire maintenant ? Sans aide financière, sans rien, je comptais aller m’inscrire aux aides sociales dès demain en tant que future mère célibataire, il ne me restait plus que cette solution-là. Le lendemain accompagnée par Amandine, j’étais allée m’inscrire aux aides sociales, j’avais un revenu de 900€ par mois. L’aide sociale couvrait aussi mon loyer. De ce côté je me sentais tranquille, elle couvrait également mes frais de consultations ainsi que ceux d’hospitalisation. Une fois de retour à la maison je relatais tous mes derniers événements à Amandine qui était venu m’assister le temps du weekend. - Mon Dieu Chancia ! - Comme tu entends là. - Ta propre copine kiééé ! Jusqu’à vouloir te tuer ! - Regarde. Dis-je en levant la tête vers le plafond. C’est là, les balles sont encore là. - WOOOOO JESUS CHRIST ! Ta vie est comment ohhh ma sœur, ta vie là est comment !!!? - Seul Dieu à la réponse, seul Dieu ma chère. - Et les parents dans tout ça ? - La vieille m’aide du mieux qu’elle peut, mais le boss, hum, le boss a oublié qu’il a une fille ici. - oh, comment ça !? - le boss, ne veut plus m’aider financièrement encore moins savoir comment je vais et j’en passe. - Non ! Ne me dis pas ça ! Mais l’homme-là a quel problème ! Il sait tous ce qui t’arrive ici pour ne plus vouloir rien savoir de toi ! Il sait ce que tu subis ici tous les jours ! C’est quoi ça ! S’écria-t-elle. - Laisse, Dieu est au contrôle, mon bébé et moi sommes en vie, c’est le plus important, et avec l’aide sociale ça va beaucoup mieux, je me sens en paix. - Mon Dieu Chancia, je ne comprends pas ta situation, je ne comprends pas ta vie, je n’y comprends rien ! - Moi non plus Amandine, moi non plus… Les mois qui suivirent, tout ce passa bien. Mis à part mes nuits difficiles dues à la grossesse mais tout allais pour le mieux. Je n’avais plus jamais eut de nouvelle de monsieur Antoine encore moins celle de Lovery mais je gardais en tête une chose, ‘‘Rahanne’’ Lovery n’avait cessé de me dire que Rahanne me détestait et qu’elle colportait à qui voulait l’entendre des conneries sur moi, comme quoi l’Homme à deux visages et je connaissais désormais celui de Rahanne. J’avais l’impression que Dieu me montrait les différentes facettes du monde, de l’existence humaine. Aussi loin que je m’en souvienne je n’avais jamais rien fait à Rahanne alors pourquoi s’acharnait-elle contre moi ? Que me reprochait-elle ? Etait-elle jalouse de mon amitié avec Lovery ? Et pourtant j’étais plus proche d’elle que de Lovery, tous mes coups fourrés et autre c’est avec elle que je les faisais alors pourquoi ? Pourquoi dire du mal de moi à Lovery ? Je l’ignorais. Effectivement il s'est passé bien de mois depuis les derniers évènements, trois mois en tout. Oui j’étais là à mon septième mois de grossesse et je m’étais rendue chez mon médecin car la veille encore j’avais eu un sommeil difficile. A vrai dire cela est dû à mes rêves, les amies, ils ont recommencé et cela m’inquiète de plus en plus. Je stresse sans arrêt, je ne sais plus où me mettre. Pendant les examens mon médecin me regardait longuement avant de sortir de ma chambre et de revenir avec les résultats. Elle semblait septique sur la suite des évènements. - Qu’y a-t-il docteur ? Demandais-je. - Vous avez développé une complication mademoiselle Yessi. Me répondit-elle. - une ? Comment ça !? - Nous devons procéder à une IMG (interruption médicale de grossesse)… ******
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