XIV– Je suis un homme sans esprit, Nastasie Philippovna, c’est pourquoi je bavarde à tort et à travers ! s’écria Ferdistchenko en attaquant son récit. Si j’étais aussi spirituel qu’Athanase Ivanovitch ou Ivan Pétrovitch je passerais comme eux toute la soirée assis sans ouvrir la bouche. Prince, permettez-moi de vous consulter : j’ai toujours l’impression qu’il y a dans le monde beaucoup plus de voleurs que de non-voleurs et qu’il n’existe même pas d’honnête homme qui n’ait, au moins une fois dans sa vie, volé quelque chose. C’est mon idée ; je n’en conclus d’ailleurs nullement qu’il n’y ait au monde que des voleurs, bien que je sois parfois tenté de raisonner ainsi. – Fi ! que vous vous exprimez sottement ! remarqua Daria Alexéïevna. Et quelle bêtise de supposer que tout le monde a volé ;


