VEn attendant ce jour si vivement désiré par nos amis, mais qui peut-être ne devait venir jamais, le premier usage que Robert-Robert fit des fonds qu’on lui remit, et du loisir que lui laissait désormais le soin de ses affaires, ce fut de visiter le marché aux esclaves, afin de racheter, s’il en était temps, la liberté du grand Woodnous, et de le renvoyer sain et sauf dans son pays. Le hasard le rendit alors témoin de plusieurs scènes qui complétaient bien tristement l’affreux spectacle dont ses yeux avaient été affligés à bord du négrier. Des captifs à vendre étaient couchés sur le rivage, rangés sur une ligne, et gardés par leurs maîtres, comme des bêtes de somme qu’on présente à la foire. On n’avait rien négligé pour donner aux plus chétifs l’apparence de la force et de la santé. Un


