IIl n’avait fallu rien moins qu’une impérieuse nécessité pour forcer nos amis à prendre passage sur un bâtiment de cette espèce. L’intérieur du négrier étalait les plus tristes, les plus odieux tableaux. L’entrepont et le fond de cale étaient divisés en quelques chambres, où plus de trois cents nègres gisaient entassés sur deux rangs, en face les uns des autres, de telle façon qu’ils ne pouvaient s’y tenir qu’accroupis. Un anneau de fer attenant aux parois du navire, les y fixait par le milieu du corps, en même temps que leurs bras, leurs jambes et leur cou étaient retenus par une chaîne commune : affreuses guirlandes de fer qui serpentaient de l’un à l’autre et soumettaient chacun aux mouvements ou à l’immobilité de tous. Deux fois par jour seulement, on faisait descendre un peu d’air e


