CHAPITRE QUARANTE Depuis la veille, Godfrey galopait à fond de train sur la route interminable qui menait à la Cour du Roi, seul, le souffle court, en jetant fréquemment par-dessus son épaule à la recherche d’un signe de l’armée McCloud. Les ennemis le suivaient de près, à moins d’une demi-journée de cheval, et ils soulevaient à l’horizon un nuage de poussière. Godfrey avala sa salive avec difficulté et éperonna sa monture. Godfrey savait qu’il n’avait pas le droit à l’erreur. Sa stupeur alcoolique avait depuis longtemps laissé place à un épuisement terrible, qui menaçait à tout moment de le jeter à bas de son cheval. Il transpirait à profusion, peu habitué à ce type d’exercice, et la sueur lui piquait les yeux. Une crête s’élevait devant lui et il priait tous les dieux qu’il connaissait


