Mathieu n’avait pas l’élégance raffinée de Jean ni sa culture, mais il était animé par le bon sens et la raison. Il l’approuva d’un clin d’œil. — Je vais préparer notre repaire, dit-il encore à voix basse. Pierre avait gardé la tête enfouie entre ses mains. Il se sentait misérable, mais il reprenait peu à peu ses esprits. Il lui fallait analyser la situation avec lucidité. Le plus inquiétant, c’était l’absence de doute : l’homme qu’il venait de voir avec les Allemands, tuant de sang-froid un résistant blessé, était celui qui se faisait appeler Hubert, celui qu’il croyait mort à Langeac. C’était donc une sorte d’espion, un agent à la solde de l’ennemi, un s****d, une charogne… Ce sinistre individu avait joué la comédie à tous les membres du réseau. Il avait vraisemblablement réussi à ca


