Mais cette fois, je retiens ma rage. Je l’accepte. Je la transforme en arme. Je ne céderai pas tant qu’il ne me donne pas quelque chose. N’importe quoi. — Je sais, grogne-t-il enfin. Je sais. Je ne veux pas te perdre, ma belle. Pour rien au monde. Juste… laisse-moi du temps. J’ai besoin de temps. Pas assez. — Sérieusement ? Je frappe la table si fort que les couverts sursautent, comme réveillés brutalement. Les autres convives se retournent vers moi. Je baisse la voix, mais mes mots sont tranchants : — Combien de temps il te faut ? Tu as plus de deux cents ans. Si t’as pas encore appris à te confier, je sais pas quoi te dire. Il serre le poing droit, le lève à hauteur du menton, comme s’il allait l’abattre sur la table. Mais à la dernière seconde, il le ramène contre sa poitrine. Il


