— Hélas! fit Marguerite avec un soupir. — Oh! oh! que cet hélas m›effraie, chère reine! est-il donc trop respectueux ou trop sentimental, ce gentil La Mole? Ce serait, je suis forcée de l›avouer, tout le contraire de son ami Coconnas. — Mais non, il a ses moments, dit Marguerite, et cet hélas ne se rapporte qu›à moi. — Que veut-il dire alors? — Il veut dire, chère duchesse, que j›ai une peur affreuse de l›aimer tout de bon. — Vraiment? — Foi de Marguerite! — Oh! tant mieux! la joyeuse vie que nous allons mener alors! s›écria Henriette; aimer un peu, c›était mon rêve; aimer beaucoup c›était le tien. C›est si doux, chère et docte reine, de se reposer l›esprit par le coeur, n›est-ce pas? et d›avoir après le délire le sourire. Ah! Marguerite, j›ai le pressentiment que nous allons passer


