XI. UN DÉTOURNEMENT « Le train !… J’arrive à temps… » fit M me Ebsen tout essoufflée, chargée de parapluies, d’une paire de socques dans un journal, et s’arrêtant aux barrières de l’arrivée au moment où le train de six heures entrait en gare. Elle était à la maison, bien tranquille, préparant leur couvert pour dîner, quand un orage subit, le dernier orage de l’été, éclatait en trombes ruisselantes ; et l’idée de sa fille partie le matin pour Port-Sauveur en robe légère et souliers fins, comme toutes les Parisiennes ce jour-là, la précipitait dehors, la jetait toute haletante dans un omnibus vers la gare d’Orléans. Maintenant elle attendait, appuyée à la claire-voie, cherchant à distinguer le chapeau d’Éline, un bout de ses tresses, dans cette foule de gens pressés, effarés, portant des p


